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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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NICOMÈDE, AC

A la part qu’ils avaient à la grandeur romaine.D’un si rare trésor l’un et l’autre jaloux....

ATTALE.

Madame, encore un coup, cet homme est-il à vous?

Èt pour vous divertir est-il si nécessaire

Que vous ne lui puissiez ordonner de se taire ?

LAODICE.

Puisqu'il vous a déplu vous traitant de Romain,■ie veux bien vous traiter de fils de souverain.

En cette qualité vous devez reconnaîtreQu’un prince votre aîné doit être votre maître,Craindre de lui déplaire, et savoir que le sangAe nous empêche pas de différer de rang,

Eui garder le respect qu'exige sa naissance,

Et, loin de lui voler son hien en son absence....

ATTALE.

Si l'honneur d’être à vous est maintenant son bien,i'ites un mot, madame, et ce sera le mien ;

Et si l’âge à mon rang fait quelque préjudice,

^ ous en corrigerez la fatale injustice ;

‘'fais, si je lui dois tant en fils de souverain,Permettez qu’une fois je vous parle en Romain.Sachez qu’il n’en est point que le ciel n’ait fait naîtrePourcommander aux rois, et pour vivre sans maître;Sachez que mon amour est un noble projetPour éviter l’affront de me voir son sujet ;Sachez....

LAODICE.

Je m’en doutais, seigneur, que ma couronne^ °us charmaitbien du moins autant que ma person-jllais, telle que je suis, et ma couronne et moi, [ne ;■*°ut est à cet aîné qui sera votre roi ;

s’il était ici, peut-être en sa présence^ °us penseriez deux fois à lui faire une offense.

ATTALE.

Que ne puis-je l’y voir ! mon courage amoureux....

nicomède. [reux,

elques souhaits qui soient moins dange-; s’il les savait, il pourrait hien lui-même' e nir d’un tel amour venger l’objet qu’il aime.

ATTALE.

'isolent ! est-ce enfin le respect qui m’est dû ?

r NICOMÈDE.

' e Re sais de nous deux, seigneur, qui l’a perdu.

^ ATTALE.

eu *-tu bien me connaître et tenir ce langage ?

'Rites qu/ieigneur

JNICOMEDE.

' e sais à qui je parle, et c’est mon avantage't; Ue > n’étant point connu, prince, vous ne savez‘ 1 J e vous dois respect, ou si vous m’en devez.

ATTALE.

' ■ madame, souffrez que ma juste colère.

LAODICE

■m>sultez-en, seigneur, la reine votre mère ;

'me e„tre.

TE 1, SCÈNE III.

SCÈNE III.

NICOMÈDE, A R SI NO E, LAODICE, ATTALE,CLÈONE.

nicomède.

Instruisez mieux le prince votre lils,Madame, et dites-lui, de grâce, qui je suis :

Faute de me connaître, il s’emporte, il s’égare ;

Et ce désordre est mal dans une âme si rare :

.T’en ai pitié.

ABSINOÉ.

Seigneur, vous êtes donc ici?

NICOMÈDE.

Oui, madame, j’y suis, et Métrobate aussi.

ABSINOÉ.

Métrobate ! ah ! le traître !

NICOMÈDE.

Il n’a rien dit, madame,

Qui vous doive jeter aucun trouble dans l’âme.

ABSINOÉ.

Mais qui cause, seigneur, ce retour surprenant ?Et votre armée ?

NICOMEDE.

Elle est sous uu hou lieutenant ;Et quant à mon retour, peu de chose le presse.

J’avais ici laissé mon maître et ma maîtresse :Vous m’avez ôté l’un, vous, dis-je, ou les Romains ;Et je viens sauver l’autre et d’eux et de vos mains.

ABSINOÉ.

C’est ce qui vous amène ?

NICOMÈDE.

Oui, madame, et j’espèreQue vous m’y servirez auprès du roi mon père.

ABSINOÉ.

Je vous y servirai comme vous l’espérez.

NICOMÈDE.

De votre bon vouloir nous sommes assurés.ABSINOÉ.

11 ne tiendra qu’au roi qu’aux effets je ne passe.

NICOMÈDE.

Vous voulez à tous deux nous faire cette grâce?

ABSINOÉ.

Tenez-vous assuré que ne n’oublirai rien.

NICOMÈDE.

Je connais votre cœur, 11 e doutez pas du mien.

ATTALE.

Madame, c’est donc là le prince Nicomède?

NICOMÈDE.

Oui, c’est moi qui viens voir s’il faut que je vousattale. [cède.

Ah! seigneur, excusez si, vous connaissant mal.. ,nicomède.

Prince, faites-moi voir un plus digne lival.

Si vous aviez dessein d’attaquer cette place,