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M COM K DK, ACTE 1, SCEIS.E V.
Ne vous départez point d’une si noble audace :Mais, comme à sou secours je n’amène ([lie moi,Ne la menacez plus de borne ni du roi.
Je la défendrai seul ; attaquez-la de même,
Avec tous les respects qu’on doit au diadème.
Je veux bien mettre à part, avec le nom d'aîné,
Le ran" de votre maître où je suis destiné ;
Et nous verrons ainsi qui fait mieux un brave bom-Des leçons d’Anuibal, ou de celles de Rome, [me,Adieu ; pensez-v bien, je vous laisse y rêver.
SCÈNE IV.
ARS1NOÉ, ATTALE, CLÉONK.
ARS1NOÉ.
Quoi! tu faisais excuse à qui m’osait braver!
.VITALE.
Que ne peut point, madame, une telle surprise !Ce prompt retour me perd, et rompt votre entreprise.
AltSINOÉ.
Tu l’entends mal, Attale; il la met dans ma main.Va trouver de ma part l'ambassadeur romain ;Dedans mon cabinet amène-le sans suite,
Et de ton heureux sort laisse-moi la conduite.
ATTALE.
Mais, madame, s’il faut....
AltSINOÉ.
\ a, n’appréhende l ien ;Et pour avancer tout, bâte cet entretien.
SCÈNE Y.
ARSINOÉ, CElvONE.
CLÉONE.
Vous lui cachez, madame, un dessein qui le touche !
AliSl.XOÉ.
Je crains qu’en l’apprenant son cœur ne s’effarouche;Je crains qu’à la vertu par les Romains instruitDe ce, que je prépare, i\ ne m’ôte le fruit,
Et ne conçoive mal qu’il n’est fourbe ni crimeQu’un trône acquis par la ne rende légitime.
CLÉONE.
J’aurais cru les Romains un peu moins scrupuleux,bit la mortd’Anniba! m’eût fait mal juger d’eux.ARSINOÉ.
Ne leur impute pas une telle injustice ;
Un Romain seul l’a faite, et par mon artifice.Rome l’eût laissé vivre, et sa légalitéN’eût point forcé les lois de l’hospitalité.
Savante à ses dépens de ce qu’il savait faire,
Elle le souffrait mal auprès d’un adversaire.
Mais quoique, par ce triste et prudent souvenir,De chez Antiochus elle l’ait fait bannir,
Elle aurait vu couler sans crainte et sans envieChez un prince allié les restes de sa vie.
Le seul Flaminins, trop piqué de l’affrontQue son père défait lui laisse sur le fiont ;
Car je crois que tu sais que, quand l’aigle romaineVit choir ses légions au bord du Trasimèue,Elaminius son père en était général,
Et qu’il y tomba mort de la main d’Annibal ;
Ce fils donc, qu’a pressé la soif de la vengeance,S’est aisément rendu de mon intelligence :L’espoir d’en voir l’objet entre ses mains remisA pratiqué par lui le bonheur de mon fils;
Par lui j’ai jeté Rome en haute jalousieDe ce que Nicomède a conquis dans l’Asie,
Et de voir Laodice unir tous ses états,
Par l’hymen de ce prince, à ceux de Prusias :
Si bien que le sénat prenant un juste ombrageD’un empire si grand sous un si grand courage,
Il s’en est fait nommer lui-même ambassadeur,Pour rompre cet hymen, et borner sa grandeur ;Et voilà le seul point où Rome s’intéresse.
C LEONE.
Attale à ce dessein entreprend sa maîtresse !
Mais que n’agissait Rome avant que le retourDe cet amant si cher affermît son amour?
A11S1NOÉ.
Irriter un vainqueur en tête d’une armée.
Prête à suivre eu tous lieux sa colère allumée,C’était trop hasarder; et j’ai cru pour le mieuxQu’il fallait de son fort l’attirer en ces lieux.Métrobate l’a fait, par des terreurs paniques.Feignant de lui trahir mes ordres tyranniques,Et, pour l’assassiner se disant suborné,
Il l’a, grâces aux dieux, doucement amené.
Il vient s’en plaindre au roi, lui demander justi (,( ’>Et sa plainte le jette au bord du précipice.
Sans prendre aucun souci de m’en justifier,
Je saurai m’en servir à_me fortifier.
Tantôt en le voyant j’ai fait de l’effrayée,
J’ai changé de couleur, je me suis écriée;
Il a cru me surprendre, et l’a cru bien en vai».Puisque son retour même est l'œuvre de ma ma" 1 'CLÉONE.
Mais, quoi que Rome fasse, et qu’ Attale prêtent.,Le moyen qu’à ses yeux Laodice se rende?
AltSINOÉ.
Et. je n’engage aussi mon fils en cet amourQu’à dessein d’éblouir le roi, Rome et la cour-.le n’en veux pas Cléone, au sceptre d'ArménieJe cherche à m’assurer celui de Rithvuie;
Et, si ce diadème une fois est à nous,
Que cette reine après se choisisse un époux.
Je ne la vais presser que pour la voir rebelle,Que pour aigrir les cœurs de son amant et deLe roi, que le Romain poussera vivement,
De peur d’offenser Rome, agira chaudement,