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NICOMÈDE, ACTE V, SCÈNE IX.
AliSINOÉ.
N’en doutez point, madame.
LAODICE.
f’tiyez donc les fureurs qui saisissent mon ûme :Après le coup fatal de cette indignité,n’ai plus ni respect ni générosité.
Mais plutôt demeurez pour me servir d’otageJusqu’à ce que ma main de ses fers le dégage.
J irai jusque dans Rome en briser les liens,
Avec tous vos sujets, avecque tous les miens;Aussi bien Annibal nommait une folieprésumer la vaincre ailleurs qu’en Italie,veux qu’elle me voie au cœur de ses étatsSoutenir ma fureur d’un million de bras ;
J- 1 sous mon désespoir rangeant sa tyrannie....
ARSINOÉ.
'°Us voulez donc enfin régner en Bithynie?
J' 1 dans cette fureur qui vous trouble aujourd’hui,roi pourra souffrir que vous régniez pour lui ?
LAODICE.
régnerai, madame, et sans lui faire injure.u ' s que le roi veut bien n’être roi qu’en peinture,^ Ue lui doit importer qui donne ici la loi,
Mais
qui règne pour lui des Romains ou de moi ?
un second otage entre mes mains se jette.
SCÈNE VII.
A US IN O K , LAODICE, ATTALE , CLÉONE.
ARSINOÉ.
A, lale ) avez-vous su comme ils ont fait retraite?
ATTALE.
madame !
ARSINOÉ.
Parlez.
ATTALE.
Tous les dieux irrités
j aris les derniers malheurs nous ont précipités.e Prince est échappé.
LAODICE.
^ Ne craignez plus, madame;
a générosité déjà rentre en mon ûme.
. AliSINOÉ.
Me, prenez-vous plaisir à m’alarmer?
jy ATTALE.
j. e vous flattez point tant que de le présumer.
malheureux Araspe, avec sa faible escorte,j , ava A déjà conduit à cette fausse porte ;
am bassadeur de Rome était déjà passé,j a "d, dans le sein d’Araspe, un poignard enfoncéJette aux pieds du prince. Il s’écrie ; et sa suite,Peur d’un pareil sort, prend aussitôt la fuite.
, AliSINOÉ.
t|u ' dans cette porte a pu le poignarder ?
ATTALE.
Dix ou douze soldats qui semblaient la garder.
Et ce prince....
AliSINOÉ.
Ab, mon fils ! qu’il est partout de traîtres !Qu’il est peu de sujets fidèles à leurs maîtres !Mais de qui savez-vous un désastre si grand?
ATTALE.
Des compagnons d’Araspe, et d’Araspe mourant..Mais écoutez encor ce qui me désespère.
J’ai couru me ranger auprès du roi mon père;Il n’en était plus temps : ce monarque étonnéA ses frayeurs déjà s’était abandonné,
Avait pris un esquif pour tâcher de rejoindreCe Romain dont l’effroi peut-être n’est pas moindre.
SCÈNE VIII.
PRLSIAS, FLAMIMUS, ARSINOÉ, LAODICE,ATTALE, CLÉONE.
PBUSIAS.
Non, non, nous revenons l’un et l’autre en ces lieuxDéfendre votre gloire, ou mourir à vos yeux.
AliSINOÉ.
Mourons, mourons, seigneur, et dérobons nos viesA l’absolu pouvoir des fureurs ennemies;N’attendons pas leurordre, et montrons-nous jalouxDe l’honneur qu’ils auraient à disposer de nous.
LAODICE.
Ce désespoir, madame, offense un si grand hommePlus que vous n’avez fait en l’envoyant à Rome :Vous devez le connaître ; et puisqu’il a ma foi,Vous devez présumer qu’il est digne de moi.
Je le désavodrais s’il n’était magnanime,
S’il manquait à remplir l’effort de mon estime,S’il ne faisait paraître un cœur toujours égal.
Mais le voici ; voyez si je le connais mal.
SCÈNE IX.
PRUSIAS, NICOMÈDE, ARSINOÉ, LAODICE,FLAMINIUS, ATTALE, CLÉONE.
NICOMÈDE.
fout est calme, seigneur; un moment de ma vueA soudain apaisé la populace émue.
PRLSIAS.
Quoi ! me viens-tu braver jusque dans mon palais,Rebelle?
NICOMÈDE.
C’est un nom que je n’aurai jamais.
Je ne viens point ici montrer à votre haineUn captif insolent d’avoir brisé sa chaîne ;
Je viens en bon sujet vous rendre le reposQue d’autres intérêts troublaient mal à propos.