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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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SEKTOItïUS, ACTE 1, SCÈNE I.

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e Prendre à la rigueur, il est permis de presser les* m ps pour faire l’unité de jour, et, pourvu qu’il n’y3lt point d’impossibilité formelle, je puis faire arri-Ver en six jours, voire en six heures, e,e qui s’estPassé en six ans. Cela posé, rien n’empêche que' Cia ne meure avant Serforius, sans rien détruireece que je dis ici, puisqu’il a pu mourir depuis( ( u Areas est parti de Rome pour apporter la nou-' e He de la démission de sa dictature ; ce qu’il faitmène temps que Sertorius est assassiné. Je dise Plus que, bien que nous devions être assez scru-PPleux observateurs de l’ordre des temps,néan-o>ns, pourvu que ceux que nous faisons parler se■oient connus, et aient eu ensemble quelques inté-à démêler, nous ne sommes pas obligés à nous'.Hacher si précisément à la durée de leur vie. Sylla''! a H mort quand Sertorius fut tué, mais il pouvaitencore sans miracle; et l’auditeur, qui com-JPjménient n’a qu’une teinture superficielle de l’his-0lr e, s’offense rarement d’une pareille prolonga-

l‘on

qui ne sort point de la vraisemblance. Je ne

oadrais pas toutefois faire une règle générale dele licence, sans y mettre quelque distinction. Lajy 01 '! de Sylla n’apporta aucun changement aux af-( j, lres de Sertorius en Espagne, et lui fut de si peu""portance, qu’il est malaisé, en lisant la vie de^ Péros chez Plutarque, de remarquer lequel des' lx est mort le premier, si l’on n’en est instruit■ a d!eurs. Autre chose est de celles qui renversent^ e lats, détruisent les partis, et donnent une autrej. Ce aux affaires, comme a été celle de Pompée, quirévolter tout l’auditoire contre un auteur, s’ill’impudence de la mettre après celle de César,aillenrs il fallait colorer et excuser en quelquela . * a guerre que Pompée et les autres chefs ro-s ^ lns continuaient contre Serforius; car il est as-'"alaise de comprendre pourquoi l’on s’y obsti-j )a * ’ après que la république semblait être rétabliela démission volontaire et la mort de son tyran.av " s doute que son esprit de souveraineté qu’il•ui 11 rev i vre dans Rome n’y était pas mort avecd ’ et que Pompée et beaucoup d’autres, aspiranttoc' S * ‘ ,me à prendre sa place, craignaient queSer-|> a " ,s ne leur y fût un puissant obstacle, ou par]g ° Ur qu’il avait toujours pour sa patrie, ou para^/Handeur de sa réputation et le mérite de sessi ‘°"s, qui lui eussent fait donner la préférence,ejj ?8rand ébranlement de la république l’eût misep *Hat de ne se pouvoir passer de maître. Pour neuéshonorer Pompée par cette jalousie secrèted e S °H ambition, qui semait dès lors ce qu’on a vu| e éclater si hautement, et qui peut-être était8„ J rital) le motif de cette guerre, je me suis per-oq e jiu'il était plus à propos de taire vivre Sylla,,j 0 'l’ en attribuer l’injustice à la violence de sade 'nation. Cela m’a servi de plus à arrêter l’effet^ Puissant amour que je lui fais conserver pourii, )(| Ar »sti e , avec qui il n’eût pu se défendre de re-er > s ’il n’eût eu rien à craindre ducôtédeSylla,

dont le nom odieux, mais illustre, donne un grandpoids aux raisonnements de la politique , qui faitl’âme de toute cette tragédie.

Le même Pompée semble s’écarter un peu de laprudence d’un général d’armée, lorsque, sur la foide Sertorius, il vient conférer avec lui dans uneville dont le chef du parti contraire est maître ab-solu ; mais c’est une confiance de généreux à géné-reux, et de Romain à Romain, qui lui donne quel-que droit de ne craindre aucune supercherie de lapart d’un si grand homme. Ce n’est pas que je neveuille bien accorder aux critiques qu'il n’a pasassez pourvu à sa propre sûreté; mais il m’étaitimpossible de garder l’unité de lieu sans lui faire,faire cette échappée, qu’il faut imputer à l’incom-modité delà règle, plus qu’à moi qui l’ai bien vue.Si vous ne voulez la pardonnera l’impatience qu’ilavait de voir sa femme, dont je le fais encore sipassionné, et à la peur qu’elle ne prît un autremari, faute de savoir ses intentions pour elle, vousla pardonnerez au plaisir qu’on a pris à cette con-férence, que quelques-uns des premiers dans lacour et pour la naissance et pour l’esprit ont esti-mée autant qu’une pièce entière. Vous n’en serezpas désavoué par Aristote, qui souffre qu’on mettequelquefois des choses sans raison sur le théâtre,quand il y a apparence quelles seront bien reçues,et qu’on a lieu d’espérer que les avantages que lepoème en tirera pourront mériter cette grâce.

PERSONNAGES.

SERTORIUS, général du parti de Marins en Espagne.PERPENNA, lieutenant de Sertorius.

AUFIDE, tribun de l'armée de Sertorius.

POMPÉE, général du parti de Sylla.

AltlSTIE, femme de Pompée.

VIRIATE, reine de Lusitanie, à présent Portugal.

Tll AMI 11E, dame d’honneur de Viriate.

CELSUS, tribun du parti de Pompée.

ARCAS, affranchi d’Aristius, frère d’Aristie.

La scène est à Nertobrige, ville d’Aragon, conquise parSertorius, à présent Calalavud.

ACTE PREMIER.

SCÈNE PREMIÈRE.

PERPENNA, AUFmE.

PERPEJINA.

D’où me vient ce désordre, Aufide? et que veut direQuemoncœursur mes voeux garde si peu d’empire ?L’horreur que, malgré moi, me fait la trahison,