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Corneille une place parmi les plus grands hommesjusqu’à la dernière posiérité.
Ainsi l’excellent Racine a triomphé des injustesdégoûts de madame de Sé\ igné , des farces deSubligni, des méprisables critiques de Visé, descabales des Boyer et des Pradon ; ainsi Molière sesoutiendra toujours, et sera le père de la vraiecomédie, quoique ses pièces ne soient pas suiviescomme autrefois par la foule, ainsi les charmantsopéras de Quinault feront toujours les délices dequiconque est sensible à la douce harmonie de lapoésie, au naturel et à la vérité de l’expression,aux grâces faciles du style, quoique ces memesopéras aient toujours été en butte aux satires deBoileau, son ennemi personnel, et quoiqu’on lesreprésente moins souvent qu’autrefois.
11 est des chefs-d’œuvre de Corneille qu’on jouerarement. Il y en a, je crois, deux raisons. La pre-mière, c’est que notre nation n’est plus ce qu’elleétait du temps des Horaces et de Cinna : les pre-miers de l’état alors, soit dans l’épée, soit dans larobe, soit dans l’église, se faisaient un honneur,ainsi que le sénat de Rome, d’assister à un spec-tacle où l’on trouvait une instruction et un plaisirsi noble.
Quels furent les premiers auditeurs de Corneille?Un Coudé, un Turenne, un cardinal de Retz, unduc de La Rochefoucauld, un Molé, un Lamoi-gnon, des évêques gens de lettres, pour lesquels ily avait toujours un banc particulier à la cour,aussi bien que pour messieurs de l’Académie : leprédicateur venait y apprendre l’éloquence et l’artde prononcer; ce fut l’école de Bossuet ; l’hommedestiné aux premiers emplois de la robe venaits'instruire à parler dignement. Aujourd’hui, quifréquente nos spectacles? Un certain nombre dejeunes gens et de jeunes femmes.
La seconde raison est qu’on a rarement desacteurs dignes de représenter Cinna et les llu-races. On n’encourage peut-être pas assez cetteprofession, qui demande de l’esprit, de l’éducation,une connaissance assez grande de la langue, ettous les talents extérieurs de l’art oratoire. Maisquand il se trouve des artistes qui réunissent tousces mérites, c’est alors que Corneille paraît danstoute sa grandeur.
AU LECTEUR.
Ne cherchez point dans cette tragédie les agré-ments qui sont en possession de faire réussir authéâtre les poèmes de cette nature : vous n’y trou-verez ni tendresses d’amour, ni emportements depassions ni descriptions pompeuses, ni narratio- spathétiques. Je puis dire toutefois qu’elle n’a pointdéplu, et que la dignité des noms illustres, la gran-
deur de leurs intérêts et la nouveauté de quelquescaractères, ont suppléé au manque de ces grâces.Le sujet est simple, et du nombre de ces événe-ments connus où il ne nous est pas permis de rienchanger qu’autant que la nécessité indispensablede les réduire dans la règle nous force d’en resser-rer les temps et les lieux. Comme il ne m’a fourniaucune femme, j’ai été obligé de recourir à l’in-vention pour en introduire deux, assez compatiblesl’une et l’autre avec les vérités historiques à q ulje me suis attaché. L’une a vécu de ce temps-là >c’est la première femme de Pompée, qu’il répudiapour entrer dans l’alliance de Sylla, par le mariag®d’Æmilie , fille de sa femme. Ce divorce est con-stant par le rapport de tous ceux qui ont écrit 1®vie de Pompée, mais aucun d’eux ne nous apprendce que devint cette malheureuse , qu’ils appelle® 1tous Antistie, à la réserve d’un Espagnol, évêq® ede Gironne, qui lui donne le nom d’Aristie, <J uej’ai préféré, comme plus doux à l’oreille. Leur si-lence m’ayant laissé liberté entière de lui faire u®refuge, j’ai cru ne lui en pouvoir choisir un ave®plus de vraisemblance que chez les ennemis de ce®*qui l’avaient outragée : cette retraite en a d'autan*plus, qu’elle produit un effet véritable par les lettresdes principaux de Rome que je lui fais porter à St‘ r "torius, et que l'erpenna remit entre les mains ®Pompée, qui en usa comme je le marque. L’a utr ^femme est une pure idée de mon esprit, mais ( lne laisse pas d’avoir aussi quelque fondement u a "l’histoire. Elle nous apprend que les Lusitanie 11 ^appelèrent Sertorius d’Afrique pour être leur t! (' econtre le parti de Sylla ; mais elle ne nous dit P® 1 , 1s’ils étaient en république, ou sous une inonarchIl n’y a donc rien qui répugne à leur donner®reine; et je ne la pouvais faire sortir d’un rang 1®considérable que celui de Viriatus, dont je lu*porter le nom, le plus grand homme que l’Ësp a oait opposé aux Romains, et le dernier qui le® 1 E,fait tête dans ces provinces avantSerlorius. Il 11 e (pas roi en effet, mais il en avait toute l'autorité 1les préteurs et consuls que Rome envoya P 0111 ,combattre, et qu'il délit souvent, l’estimèrent a ^pour faire des traités de paix avec lui connueun souverain etjusteennemi. Sa mort arriva soi x ,.|et huit ans avant celle que je traite; de sorte J
aurait pu être aïeul ou bisaïeul de cette reine <1fais parler ici. a ,.
11 fut défait par le consul Q. Servilius, et n° n gu| .Brutus, comme je l’ai fait dire à cetie princesse^la foi de cet évêque espagnol que je viens de e*^et qui m’a jeté dans l’erreur après lui. Elle est ® ^
à corriger par le changement d’un mot dans ceunique qui en parle, et qu’il faut rétablir ainsi
Kl de Servilius l’astre prédominant.
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e sais bien que Sylla, dont je parle tant dans ^oëme, était mort six ans avant Sertorius; nin* s ' ‘