SERTORIUS, ACTE U, SCÈNE 1.
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SERTORIUS.
nom rie m’est pas dit, je suis...
ARISTIE.
Ce que vous faitesMontre à tout l’univers, seigneur, ce que vous êtes ;Mais quand même ce nom semblerait trop pourvous,D u moins mon infidèle est d’un rang au-dessous :M sert dans son parti, vous commandez au vôtre;
V
°us etes chef de l’un, et lui sujet dans l’autre ;
Et son divorce enfin, qui m’arrache sa foi,
E }' laisse par Sylla plus opprimé que moi,
Si votre hymen m’élève à la grandeur sublimeEindis qu’en l’esclavage un autre hymen l’abîme.Mais, seigneur, je m’emporte, et l’excès d’un tel heurMe fait vous en parler avec trop de chaleur.
Eout mon bien est encor dedans l’incertitude :
'* e n’en conçois l’espoir qu’avec inquiétude ;
Et je craindrai toujours d’avoir trop prétendu,Eant que de cet espoir vous m’ayez répondu.
'°Us me pouvez d’un mot assurer ou confondre.
SERTORIUS.
Mais, madame, après tout, que puis-je vous répon-Ee quoi vous assurer, si vous-même parlez [dre?Sans être sure encor de ce que vous voulez?
Be votre illustre hymen je sais les avantages ;i adore les grands noms que j’en ai pour otages,Et vois que leur secours, nous rehaussant le bras,^tirait bientôt jeté la tyrannie à bas :
Mais cette attente aussi pourrait se voir trompéeEans l’offre d’une main qui se garde à Pompée,Et qui n’étale ici la grandeur d’un tel bienQue pour me tout promettre et ne me donner rien.
Si
ARISTIE.
v ous vouliez ma main par choix de ma personne,v ous dirais, seigneur : « Prenez, je vous la donne;" Quoi que veuille Pompée, il le voudra trop tard. »J la >s, comme encethymenramourn’apointde part.Qu il n’est qu’un pur effet de noble politique,
’ °uffrez que je vous die, afin que je m’explique,Que, quand j’aurais pour dot un million de bras,
’ e vous donne encor plus en ne l’achevant pas.p Ei je réduis Pompée à chasser /Emilie,e ut-il, Sylla régnant, regarder l’Italie?a-t-ii se livrer à son juste courroux?
Kon,
^irisi
Qu.
non ; si je le gagne, il faut qu’il vienne à vous,par mon hymen vous avez assurancee mille vrais Romains prendront votre défense :.yMs, si j’en romps l’accord pour lui rendre mesy "Us aurez ces Romains et Pompée avec eux ; [vœux,y °Us aurez ses amis par ce nouveau divorce;
°us aurez du tyran la principale force,
‘ °U armée, ou du moins ses plus braves soldats,^ u * de leur général voudront suivre les pas;jj° Us marcherez vers Rome à communes enseignes.Y Sera temps alors, Sylla, que tu me craignes.rp mble, et crois voir bientôt trébucher ta fierté,
Si je puis t’enlever ce que tu m’as ôté.
Pour faire de Pompée un gendre de ta femme,
Tu l’as fait un parjure, un méchant, un infâme :Mais, s’il me laisse encor quelques droits sur sonIl reprendra sa foi, sa vertu, son honneur ; [cœur,Pour rentrer dans mes fers il brisera tes chaînes;Et nous t’accablerons sous nos communes haines.J’abuse trop, seigneur, d’un précieux loisir :
Voilà vos intérêts; c’est à vous de choisir.
Si votre amour trop prompt veut borner sa conquête,Je vous le dis encor, ma main est toute prête.
Je vous laisse y penser : surtout souvenez-vousQue ma gloire en ces lieux me demande un époux ;Qu’elle ne peut souffrir que ma fuite m’y range,En captive de guerre, au péril d’un échange,Qu’elle veut un grand homme à recevoir ma foi,Qu’après vous et Pompée il n’en est point pour moi,Et que...
SERTORIUS.
Vous le verrez, et saurez sa pensée.
ARISTIE.
Adieu! seigneur : j’y suis la plus intéressée,
Et j’y vais préparer mon reste de pouvoir.
SERTORIUS.
Moi, je vais donner Tordre à le bien recevoir.
Mieux, souffrez qu’à mon tour avec vousje m’expl i-Quec’estun sortcrueld’aimerparpolitique! [que.Et que ses intérêts sont d’étranges malheurs,
S’ils font donner la main quand le cœur est ailleurs !
ACTE DEUXIÈME.
SCÈNE PREMIÈRE.
VIRIATE, THAMIRE.
VIRIATE.
Thamire, il faut parler, l’occasion nous presse ;Rome jusqu’en ces murs m’envoie une maîtresse;Et l’exil d’Aristie, enveloppé d’ennuis,
Est prêt à l’emporter sur tout ce que je suis.
En vain de mes regards l’ingénieux langagePour découvrir mon cœur a tout mis en usage ;En vain par le mépris des vœux de tous nos roisJ’ai cru faire éclater l’orgueil d’un autre choix •Le seul pour qui je tâche à le rendre visible,
Ou n’ose en rien connaître, ou demeure insensible,Et laisse à ma pudeur des sentiments confus,
Que l’amour-propre obstine à douter du refus.Épargne-m’en la honte, et prends soin de lui dire,A ce héros si cher... Tu le connais, Thamire; [pui ?Car d’ou pourrait mon trône attendre un ferme ap-Et pour qui mépriser tous nos rois, que pour lui ?