SERTORIUS, ACTE IV, SCÈSNE 1.
Céder avec prudence au temps prêt à changer,
Et ne me perdre pas au lieu de vous venger.ahistie.
Si vous m’avez aimée, et qu’il vous en souvienne,\ ous mettrez votre gloire à me rendre la mienne.Mais il est temps qu’un mot termine ces débats.Me voulez-vous, seigneur ? 11e me voulez-vous pas?Parlez : que votre choix règle 111a destinée.
Suis-je encore à l’époux à qui l’on m’a donnée ?Suis-je à Sertorius'? C’est assez consulté :Itendez-moi mes liens, ou pleine liberté...
l’OMPÉE.
le le vois bien, madame, il faut rompre la trêve,Pour briser en vainqueur cet hymen, s’il s’achève;Et vous savez si peu l’art de vous secourir,
Que, pour vous en instruire, il faut vous conquérir.
A1USTIE.
Sertorius sait vaincre et garder ses conquêtes.
POM l’ÉE.
La vôtje à la garder coûtera bien des têtes ;Comme elle fermera la porte à tout accord,
Rien 11e la peut jamais assurer que ma mort.
Oui, j’en jure les dieux ; s’il faut qu’il vous obtienne,Rien iie peut empêcher sa perte que la mienne;Et peut-être tous deux, l'un par l’autre percés,Vous vous ferons connaître à quoi vous nous forcez.
AIIISTIE.
le ne suis pas, seigneur, d’une telle importance.D’autres soins éteindront cette ardeur de vengean-Ceux de vous agrandir vous porteront ailleurs, [ce ;Où Vous pourrez trouver quelques destins meilleurs;Ceux de servir Sylla, d’aimer son .Emilie,D’imprimer du respect à toute l’Italie,
De rendre à votre Rome un jour sa liberté,Sauront tourner vos pas de quelque autre côté.Surtout ce privilège acquis aux grandes âmes,
De changer à leur gré de maris et de femmes,Mérite qu’on l’étale aüx bouts de l’univers,
Pour en donner l’exemple à cent climats divers.
POMPÉE.
Vh ! c’en est trop, madame, et de nouveau je jure .AHISTIE.
Seigneur, les vérités font-elles quelque injure ?
POMPEE.
Vous oubliez trop tôt que je suis votre époux.
AHISTIE.
Ah ! si ce nom vous plaît, je suis encore à vous.Voilà ma main, seigneur.
POMPÉE.
Gardez-la-moi, madame.ahistie.
Tandis que vous avez à Rome une autre femme ?One par un autre hymen vous me déshonorez?
Me punissent les dieux que vous avez jurés,
Si, passé ce moment, et hors de votre vue,
Je vous garde une foi que vous avez rompue !
POMPÉE.
Qu’allez-vous faire ? hélas !
A1UST1E.
Ce que vous m’enseignez-POMPÉE.
Eteindre un tel amour !
AHISTIE.
Vous-même l'éteignez.
POMPÉE.
I .a victoire aura droit de le faire renaître.
AHISTIE.
Si ma haine est trop faible, elle la fera croître
POMPÉE.
Pourrez-vous me haïr ?
AHISTIE.
J’en fais tous mes souhaits-POMPÉE.
Adieu donc pour deux jours.
AHISTIE. 1
Adieu pour tout jamais ■
ACTE OUATIUEiUE.
SC EN K Pli EM I EUE.
SERTORIUS, TUAMIRE.
ien |ie ’
SEHTOHl IJS.
Pourrai-je voir la reine?
T11 A M IH E.
Attendant qu’elle vieElle 111’a commandé que je vous entretienne)
Et veut demeurer seule encor quelques nion ,eI,, ‘
SEHTOHl US.
A’e m'apprendrez-vous point où vont.sessentin ,t!lCe rpie doit Perpenna concevoir d’espérance?
T n AMI HE.
Elle ne m'en fait pas beaucoup de confident*’ 1Mais j’ose présumer qu’offert de votre main11 aura peu de peine à llcchir son dédain-Vous pouvez tout sur elle.
Ah! j’y puis peu de cho-Si jusqu’à l’accepter mon malheur la dispose) ^Ou, pour en parler mieux, j’y puis trop, ou trop I
TIl AMI HE.
Elle croit fort vous plaire en secondant sonSEHTOHl US.
feu-
Me plaire?
TIIA.MIHE. . 1
Oui : mais, seigneur,d'où vient eettesui’p 1 n s<îEt de quoi s’inquiète un cncnr qui la méprise-