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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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OTHON, ACTE

Choisissez donc ensemble, à communs sentiments,D es charges dans ma cour, ou des gouvernements ;q ous n’avez qu’à parler.

OTHON.

Seigneur, si la princesse...GALBA.

h'son n’en voudra pas dédire ma promesse.

J e r,

ai nommé César, pour le faire empereur :

"us savez ses vertus, je réponds de son cœur.

Cdieu. Pour observer la forme accoutumée,

'j e le vais de ma main présenter à l’armée.

0,| r Camille, en faveur de cet heureux lien,

P

( 'uez-vous assuré qu’elle aura tout mon bien :,le la fais dès ce jour mon unique héritière.

SCÈNE V.

OTHON, CAMILLE, ALBIN, ALBIANE.

CAMILLE.

°us pouvez voir par là mon âme tout entière,^'gneur; et je voudrais en vain la déguiser'pfès ce que pour vous l’amour m’a fait oser.

' e que Galba pour moi prend le soin de vous dire...

OTHON.

'""i donc, madame! Othon vous coûterait l’empire?

V,

Qu

Si) it mieux ce qu’il vaut, et n’est pas d’un tel prix

le faille acheter par ce noble mépris.

J|doit opposer à cet effort d’estimeP* 1 Rabaisse pour lui ce cœur trop magnanime,jj*’ Par un meme effort de magnanimité,l’fudre une âme si haute au trône mérité.

11,1 si parfait amour quelles que soient les causes...

. CAMILLE.

Ile sais point, seigneur, faire valoir les choses :

> dans ce prompt succès dont nos cœurs sonty [charmés,

H° ll s me devez bien moins que vous ne présumez.|, ^‘mble que pour vous je renonce à l’empire,j’ 1 qu’un amour aveugle ait su me le prescrire.

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aime, il est vrai, mais si l’empire est doux,, Cr ois m’en assurer quand je me donne à vous.

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l ) ' uu que vivra Galba, le respect de son âge,

'Uoins apparemment, soutiendra son suffrage;^ °U croira régner : mais peut-être qu’un joury'P'ne se permettra de choisir à son tour.q air e un empereur alors quoi qui l’excite,y e Ue en veuille la race, ou cherche le mérite,l>°î re union aura des voix de tous côtés,S 0 ISq uej’en ai le sang, et vous les qualités.

u n nom si fameux qui vous rend préférable,(j^uier de Galba sera considérable ;

|fj ‘ùuieca ce titre en un si digne époux ;em pire est à moi si l’on me voit à vous.

^ OTHON.

’ 'Uadame ! quittez cette vaine espérance

III, SCÈNE V. 361

De nous voir quelque jour remettre en la balance :S’il faut que de Pison on accepte la loi,

Rome, tantqu’il vivra, n’aura plus d’yeux pour moi.Elle a beau murmurer contre un indigne maître;Elle en souffre, pour lâche ou méchant qu’il puisseTibère, était cruel, Caligule brutal, [être.

Claude faible, Néron en forfaits sans égal.

Il se perdit lui-même à force de grands crimes;Mais le reste a passé pour princes légitimes.Claude même, ce Claude et sans cœur et sans yeux,A peine les ouvrit qu’il devint furieux ;

Et Narcisse et Pallas Payant mis en furie,

Firent sous son aveu régner la barbarie.

Il régna toutefois, bien qu’il se fit. haïr,

Jusque ce que Néron se fâchât d’obéir ;

Et ce monstre ennemi de la vertu romaineN’a succombé que tard sous la commune haine.Par ce qu’ils ont osé, jugez sur vos refusCe qu’osera Pison gouverné par Lacus.

Il aura peine à voir, lui qui pour vous soupire,Que votre hymen chez moi laisse un droit à l’empire.Chacun sur ce penchant voudra faire sa cour;

Et le pouvoir suprême enhardit bien l’amour.

Si Néron qui m’aimait osa m’ôter Poppée,

Jugez, pour ressaisir votre main usurpée,

Quel scrupule on aura du plus noir attentatContre un rival ensemble et d’amour et d’état.

II n’est point ni d’exil, ni de Lusitanie,

Qui dérobe à Pison le reste de ma vie ;

Et je sais trop la cour pour douter un moment,Ou des soins de sa haine, ou de l’événement.

CAMILLE.

Et c’est là ce grand cœur qu’on croyait intrépide !I.e péril, comme un autre, à mes yeux l’intimide !Et pour monter au trône, et pour me posséder,Son espoir le plus beau n’ose rien hasarder!

Il redoute Pison ! Dites-moi donc, de grâce,

Si d’aimer en lieu même on vous a vu l’audace,

Si pour vous et pour lui le trône eut même appas,Êtes-vous moins rivaux pour ne m’épouser pas ?

A quel droit voulez-vous que cette haine cessePour qui lui disputa ce trône et sa maîtresse,

Et qu’il veuille oublier, se voyant souverain,

Que vous pouvez dans l’âme en garder le dessein?Ne vous y trompez plus : il a vu dans cette âmeEt votre ambition et toute votre flamme,

Et peut tout contre vous, à moins que contre luiMon hymen chez Galba vous assure un appui.

OTHON.

Eh bien! il me perdra pour vous avoir aimée ;

Sa haine sera douce à mon âme enflammée;

Et tout mon sang n’a rien que je veuille épargner,Si ce n’est que par là que vous pouvez régner.Permettez cependant à cet amour sincèreDe vous redire encor ce qu’il n’ose vous taire.

En l’état qu’est Pison, il vous faut aujourd’hui