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Qu’à faire ici trembler sous lui toute sa cour, [quesSouvent un peu d’amour dans les cœurs des monar-\ ccompagne assez bien leurs plus il lustres marques.Ce n’est pas qu’après tout je pense à résister ;l’aime à.vous obéir, seigneur, sans contester.
Pour prix d’un sacrifice où mon cœur se dispose,Permettez qu’un époux me doive quelque chose.Dans cette servitude où se plaît mon désir,
C'est quelque liberté qu’un ou deux à choisir.Votre Pison peut-être aura de quoi me plaireQuand il ne sera plus un mari nécessaire ;
Et son amour pour moi sera plus assuré,
S’il voit à quels rivaux je l’aurai préféré.
GALBA.
Ce long raisonnement dans sa délicatesseA vos tendres respects mêle beaucoup d’adresse.
Si le refus n’est juste, il est doux et civil.
Parlez donc, et sans feinte, Othon vous plairait-il ?On me l’a proposé, qu’y trouvez-vous à dire?
CAMILLE.
L’avez-vous cru d’abord indigne de l’empire,Seigneur ?
GALBA.
Non ; mais depuis, consultant ma raison,J’ai trouvé qu’il fallait lui préférer Pison.
Sa vertu plus solide et toute inébranlableNous fera, comme Auguste,un siècle incomparable,Où l’autre, par Néron dans le vice abîmé,Ramènera ce luxe où sa main l’a formé,
Et tous les attentats de l’infàme licenceDont il osa souiller la suprême puissance.
CAMILLE.
Othon près d’un tel maître a su se ménager,Jusqu’à ce que le temps ait pu l’en dégager.
Qui sait faire sa cour se fait aux mœurs du prince ;Mais il fut tout à soi quand il fut en province;
Et sa haute vertu par d’illustres effetsY dissipa soudain ces vices contrefaits,
Chaque jour a sous vous grossi sa renommée ;
Mais Pison n’eut jamais de charge ni d’armée ;
Et comme il a vécu jusqu’ici sans emploi,
On ne sait ce qu’il vaut que sur sa bonne foi.
Je veux croire, en faveur des héros de sa race,Qu’il en a les vertus, qu’il en suivra la trace,
Qu’il en égalera les plus illustres noms ;
Mais j’en croirais bien mieux de grandes actions.
Si dans un long exil il a paru sans vice,
La vertu des bannis souvent n’est qu’artlfice.
Sans vous avoir servi vous l’avez ramené :
Mais l’autre est le premier qui vous ait couronné ;Dès qu’il vit deux partis, il se rangea du vôtre :Ainsi l’un vous doit tout, et vous devez à l’autre.
GALBA.
Vous prendrez donc le soin de m’acquitter vers lui ;Et comme pour l’empire il faut un autre appui,Vous croirez que Pison est plus digne de Rome ;
III, SCÈNE IY.
Pour ne plus en douter suffit que je le nomme.
> CAMILLE.
Pour Rome et son empire, après vous je le eroi ;Mais je doute si l’autre est moins digne de moi.
GALBA.
Doutez-en; un tel doute est bien digne d’une ân ,eQui voudrait de Néron revoir le siècle infâme,
Et qui voyant qu’Otbon lui ressemble le mieux-■■
CAMILLE.
Choisissez de vous-même, et je ferme les yeux.Que vos seules bontés de tout mon sort ordonnent-Je me donne en aveugle à qui qu’elles me donnent-Mais quand vous consultez î.acus et Martian,
Un époux de leur main me paraît un tyran ;
Et, si j’ose tout dire en cette conjoncture,
Je regarde Pison comme leur créature,
Qui, régnant par leur ordre et leur prêtant sa vmCMe forcera moi-même à recevoir leurs lois.
Je ne veux point d’un trône où je sois leur capti ve ’Où leur pouvoir m’enchaîne, et, quoi qu’il en arrivéJ’aime mieux un mari qui sache être empereur,Qu’un mari qui le soit et souffre un gouverneur-GALBA.
Ce n’est pas mon dessein de contraindre les âmes-N’en parlons plus : dans Rome il sera d’autres fei"'A qui Pison en vain n’offrira pas sa foi. [i> ,e ‘ sVotre main est à vous, mais l’empire est à moi-
SCÈNE IV.
GALBA, OTHON, CAMILLE, ALBIN,ALBIANE.
GALBA.
Othon, est-il bien vrai que vous aimiez Camille ?
OTHON.
Cette témérité m’est sans doute inutile :
Mais si j’osais, seigneur, dans mon sort adouci- •GALBA.
Non, non; si vous l’aimez, elle vous aime aussi-Son amour près de moi vous rend de tels officesQue je vous en fais don pour prix de vos services-Ainsi, bien qu’à T,anus j’aie accordé pour vousQu’aujourd’hui de Plautine on vous verra l'époi |X >L’illustre et digue ardeur d’une (lamine si belleM’en fait révoquer l’ordre, et vous obtient pour elle-
OTHON.
Vous m’en voyez de joie interdit et confus.
Quand je me prononçais inoi-mêmeunpromptreins»
Que j’attendais l’effet d’une juste colère,
Je suis assez heureux pour ne vous pas déplaire ■Et loin de condamner des vœux trop élevés.
GALBA.
Vous savez mal encor combien vous lui devez.
Son cœur de telle force à votre hymen aspire,
Que pour mieux être à vous il renonce à l’emp ir<>