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OTHON, ACTE Y, SCENE I.
Yoyez mieux quelle en est la gloire et la douceur,Quelle félicité vous vous êtes ôtéePar une aversion un peu précipitée ;
Et pour vos intérêts daignez considérer...
CAMILLE.
Je vois quelle est ma faute, et puis la réparer;Mais je veux, car jamais on ne m’a vue ingrate,Que ma reconnaissance auparavant éclate,
Et n’accorderai rien qu’on ne vous fasse heureux.Vous aimez, dites-vous, cet objet rigoureux ;
Et Pison dans sa main ne verra point la mienneQu’il n’ait réduit Plautine à vous donner la sienne,Si pourtant le mépris qu’elle a fait de vos feuxNe vous a pu contraindre à former d’autres vœux.
MAlVTIAiX.
Ali! madame, l’hymen a de si douces chaînes,Qu’il lui faut peu de temps pour calmer bien desEt du moins mon bonheur saurait avec éclat [haines;Vous venger de Plautine et punir un ingrat.
CAMILLE.
Je l’avais préféré, cet ingrat, à l'empire ;
Je l’ai dit, et trop haut pour m’en pouvoir dédire;Et l’amour, qui m’apprend le faible des amants,Unit vos plus doux vœux à mes ressentiments,Pour me faire ébaucher ma vengeance en Plautine,Et l’achever bientôt par sa propre ruine.
MAIITIAN.
Ah ! si vous la voulez, je sais des bras tout prêts ;Et j’ai tant de chaleur pour tous vos intérêts...
' CAMILLE.
Ah! que c’est me donner une sensible joie!
Ces bras que vous m’offrez, faites que je les voie,Que je leur donne l’ordre et prescrive le temps.
Je veux qu’aux yeux d’Othon vos désirs soient con-
[tents,
Que lui-même il ait vu l’hymen de sa maîtresseLivrer entre vos bras l’objet de sa tendresse,
Qu’il ait ce désespoir avant que de mourir :Après, à son trépas vous me verrez courir.Jusques-là gardez-vous de rien faire entreprendre.Du pouvoir qu’on me rend vous devez toutattendre.Allez vous préparer à ces heureux moments ;
Mais n’exécutez rien sans mes commandements.
SCÈNE VI.
CAMILLE, AL1ÎIANK.
ALiîl ANE.
Vous voulez perdre Othon ! vous le pouvez, madame.
CAMILLE.
Que tu pénètres mal dans le fond de mon âme !De son lâche rival voyant le noir projet,
J’ai sn par cette adresse en arrêter l’effet,
M’en rendre la maîtresse; et je serai ravieS’il peut savoir les soins que je prends de sa vie.
Va me chercher ton frère, et fais que de ma par 1Il apprenne par lui ce qu’il court de hasard,
A quoi va l’exposer son aveugle conduite,
Et qu’il n’est plus pour lui de salut qu’en la li |lte 'C’est tout ce qu’à l’amour peut souffrir mon couralbiane. [roux-
Du courroux à l’amour le retour serait doux.
SCÈNE VII.
CAMILLE, RUTILE, ALBIANE.
BUTILE.
Ah ! madame, apprenez quel malheur nous menuet ■Quinze ou vingt révoltés au milieu dé la placeViennent de proclamer Othon pour empereur.CAXIILI.E.
Et de leur insolence Othon n’a point d’horreur,Lui qui sait qu’aussitôt ces tumultes avortent?
BUTILE.
Ils le mènent au camp, ou plutôt ils l’y portent-Et ce qu’on voit de peuple autour d’eux s'aniass 61Frémit de leur audace, et les laisse passer.
CAMILLE.
L’empereur le sait-il?
MUTILE.
Oui, madame; il vous man<
Et pour un prompt remède à ce qu’on appréht ’ 1 ' 1 ’Pison de ces mutins va courir sur les pasAvec ce qu’on pourra lui trouver de soldais-
CAMILLE.
Puisqu’Othon veut périr, consentons qu’il péris se ’Allons presser Galba pour son juste supplice-Du courroux à l’amour si le retour est doux,
On repasse aisément de l’amour au courroux
ACTE CINQUIÈME.
SCÈNE PREMIÈRE.
GALBA, CAMILLE, BUTILE, ALBI
CALMA.
Je vous le dis encor, redoutez ma vengeance,Pour peu que vous soyez de son intelligence-On ne pardonne point en matière d’état;
Pinson chérit la main, plus on liait l’altenta 1 ’
Et lorsque la fureur va jusqu’au sacrilège,
Le sexe ni le sang n’ont point de privilège-CAMILLE.
Cet indigne soiipeon serait bientôt détruit,
Si vous voyiez du crime où doit aller le fruit- ^Othon, qui pour Plautine au fond du cœursonp 11