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OTHON, ACTE V, SCÈNE I I.
Otlion, qui me dédaigne à moins que de l’empire,S’il en fait sa conquête, et vous peut détrôner,laquelle de nous deux voudra-t-il couronner?Pourrais-je de Pison conspirer la ruineQui m’arrachant du trône y porterait Plautine ?Croyez mes intérêts, si vous doutez de moi ;
Ct sur de tels garants assuré de nia foi,
lournez sur Vinius toute la défiance
l'ont veut ternir ma gloire une injuste croyance.
GALBA.
Vinius par son zèle est trop justifié.
^oyez ce qu’en un jour il m’a sacrifié :
II m’offre Otlion pour vous qu’il souhaitait pour•l« le rends à sa fille, il aime à le reprendre ; [gendre ;■le la veux pour Pison, mon vouloir est suivi;
■le vous mets en sa place, et l’en trouve ravi ;
Üon ami se révolte, il presse ma colère;
Il donne à Martian Plautine à ma prière :
je, soupçonnerais un crime dans les vœuxiTim homme qui s’attache à tout ce que je veux?
CAMILLE.
Qui veut également tout ce qu’on lui propose,l'ans le secret du cœur souvent veut autre chose,l-t maître de son Ame il n’a point d’autre foiQue celle qu’en soi-même H ne donne qu’à soi.
GALBA.
Cet hymen toutefois est l’épreuve dernièreITune foi toujours pure, inviolable, entière.
CAMILLE.
'eus verrez à l’effet comment elle agira,
Seigneur, et comme enfin Plautine obéira.
Sûr de sa résistance, et se flattant, peut-être,
Ile voir bientôt ici son cher Otlion le maître,
J Étis l’état où pour vous il a mis l’avenir,
P promet aisément plus qu’il ne veut tenir.
GALBA.
É' devoir désunit l’amitié la plus forte,
Élis l’amour aisément sur ce devoir l’emporte ;kl son feu, qui jamais ne s’éteint qu’à demi,Intéresse un amant autrement qu’un ami.j aperçois Vinius. Qu’on m'amène sa fille :
' e " punirai le crime en toute la famille,jamais je puis voir par où n’en point douter;lais aussi jusque-là j’aurais tort d’éclater.
SCÈNE lï.
■ i
CAI.lt A, CAMILLE , MN1US, LU11JS,
ALBIANE. j
. GALBA. |
fi vois d’ailleurs Lacus. Eh bien! quelles nouvelles? |" " apprenez-vous tous deux du camp de.iios relie] les? !, VINIUS. ' ■ |
Q |,e ceux de la marine et les Illyriens j
' sont avec chaleur joints aux prétoriens,
Et que-des bords du Nil les troupes rappeléesSeules par leurs fureurs ne sont point ébranlées.LACUS.
Tous ces mutins ne sont que de simples soldats ;Aucun des chefs ne trempe en leurs vains attentats.Ainsi ne craignez rien d’une masse d’arméeOù déjà la discorde est peut-être allumée.
Sitôt qu’on y saura que le peuple à grands crisVeut que de ces complots les auteurs soient proscrits,Que du perfide Otlion il demande la tête,
Là consternation calmera la tempête;
Et vous n’avez, seigneur, qu’à vous y faire voirPour rendre d’un coup d’œil chacun à son devoir.
GALBA.
Irons-nous, Vinius, hâter par ma présenceL’effet d’une si douce et si juste espérance?
VINIUS.
Ne hasardez, seigneur, que dans l’extrémité,
Le redoutable effet de votre autorité.
Alors qu’il réussit, tout fait jour, tout lui cède;Mais aussi quand il manque, il n’est plus de remède.Il faut, pour déployer le souverain pouvoir,
Sûreté tout entière, ou profond désespoir;
Et nous ne sommes pas, seigneur, à ne rien feindre,En état d’oser tout, non plus que de tout craindre.Si l’on court au grand crime avec avidité,LaisSez-en ralentir l’impétuosité :
D’elle-même elle avorte, et la peur des supplicesArme contre le chef ses plus zélés complices.
Un salutaire avis agit avec lenteur.
LACUS.
Un véritable prince agit avec hauteur :
Et je ne conçois point cet avis salutaire,
Quand on couronne Otlion, de le regarder faire.
Si l’on court au grand crime.avec avidité,
Il en faut réprimer l’impétuosité
Avant que les esprits, qu’un juste effroi balance,
S’y puissent enhardir sur notre nonchalance,
Et. prennent le dessus de ces conseils prudentsDont on cherche l’effetquand il n’en est plus temps.VINIUS.
Vous détruirez toujours mes conseils par les vôtres ;Le seul ton de ma voix vous en inspire d’autres;Et tant que vous aurez ce rare et haut crédit,
Je n’aurai qu’à parler pour être contredit.
Pison, dont l’heureux choix est votre digne ouvrage,Ne serait que Pison s’il eût eu mon suffrage.
Vous n’avez soulevé Martian contre OtlionQue parce que ma bouche a proféré son nom ;
Et verriez comme un autre une preuve’ assez claireDe combien votre avis est le plus salutaire,
Si vous n’aviez fait vœu d’être jusqu’au trépasL’ennemi des conseils que vous ne donnez pas.
LACUS. '
Et vous, l’ami d’Othon, c’est tout dire ; et peut-êtreQui le voulait pour gendre et l’a choisi pour maître