EXAMEN ANALYTIQUE.
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'aliir son royaume. Unnlphe , répond Grimoald,"e voulait que rétablir sur le trône la sœur .de Per-Parité et de Gundebert, Eduige . héritière des‘droits de celui-ci, et qu'il lui avait promise pour.e Pouse, car en s’emparant de la moitié du royaumede son frère Pertliarite avait méconnu les droitsde sa sœur. Rodelinde réplique au noble lombard :
Ce n’esl pas attenter aux droits d’une couronneQu’en conserver la part qu’un père nous en donne ;De son dernier vouloir c’est se faire des lois,
Honorer sa mémoire, et défendre son choix.
ÜNÜLPIIE.
Puisque vous le voulez, j’excuse son courage ;
Mais condamnez du moins l’-auteur de ce partage,Dont l’amour indiscret pour des fils généreux,
Les faisant tous deux rois, les a perdus tous'deux.
Ce mauvais politique avait dû reconnaître
Que le plus grand état ne peut souffrir qu’un maitre.
En voyant Unulphe s’entretenir avec Rodelinde,^ jalouse Eduige devine qu’il est chargé par Gri-’Roald de quelque message d’amour, s’emportec °ntre sa belle-sœur, et, avec une arrière-pensée( lb’elle s’efforce en vain de cacher, lui dit que l’onit vu des maris ressusciter. Celle-ci voudrait qu’elles expliquât, et lui montre son erreur. — GrimoaldJ'txtre. Rodelinde , s’appuyant de ce que vient del *i dire Eduige, s’informe avec empressement s’ilferait vrai que la mort de son mari ne fut qu’un“fuit controuvé. 11 répond d'une manière peu sa-tisfaisante , et elle sort en l’accablant des plustreuses imprécations.
Voyant que malgré tout Grimoald paraît en-te épris de sa rivale , Eduige s'écrie :
Epouse-la, parjure, el fais-en une infâme;
Qui ravit un élal peut ravir une femme :
L’adultère et le rapt sont du droit des tyrans.
G RIMOALI).
Vous me donniez jadis des titres différents.
Quand pour vous acquérir je gagnais des batailles,
Que mon bras de Milan foudroyait les murailles,
Que je semais partout la terreur et l’effroi,
J’étais un grand héros, j'étais un digne roi ;
Mais depuis que je règne en prince magnanimeQui chérit la vertu, qui sait punir le crime.
Que le peuple sous moi voit ses destins meilleurs,
Je ne suis qu’un tyran parce que j’aime ailleurs.
Ce n’esl plus la valeur, ce n’est plus la naissance,
Qui donnent quelque droit à la toute-puissance ;
C’est votre amour lui seul qui fait les conquérants,Suivant qu’ils sont à vous, des rois ou des tyrans :
Si ce tiire odieux s’acquiert à vous déplaire,
Je n’ai qu’a vous aimer, si je veux m’en défaire ;
Et ce même moment de lâche usurpateurMe fora vrai monarque en vous rendant mon cœur...Lu roi doit pouvoir tout, et je ne suis pas roiS ’Ü tie m’est pas permis de disposer de moi.
C’est quitter, C’est trahir les droits du diadème,
Que sur le haut d’un trône être esclave moi-même;
Et dans ce même trône où vous m’avez voulu,s ur moi comme sur tous je dois être absolu.
It'ansportée de rage, Eduige conseille à Gri-| li( >al(l de se montrer plus habile , de rejeter son'"délité sur le désir de se concilier l’affection, es Lombards en épousant leur reine, dont le fils.tiendrait ainsi son successeur. 11 la remercie^""•quement de cette heureuse idée, et envoie""'plie soumettre sans délai ces projets à Rode-
linde.. Eduige éclate en menaces ; il la fait em-mener.
ACTE DEUXIÈME.
Garibalde, duc dè Turin et vassal de Grimoald,déclare son amour à Eduige ; elle lui répond :
Pour gagner mon amour il faut servir ma haine :
A ce prix est le sceptre, à ce prix une reine,
Et Grimoald puni rendra digne de moiQuiconque ose m’aimer ou se veut faire roi.
GARIBALDB.
Mettre à ce prix vos feux et votre diadèmeC’est ne connaître pas votre haine et vous-mème ;
Et qui sous cet espoir voudrait vous obéirChercherait les moyens de se faire haïr.
Grimou'd inconstant n’a plus pour vous de charmes ;Mais Grimoald puni vous coûterait des larmes :
A cet objet sanglant l’effort de la pitiéReprendrait tous les droits d une vieille amitié...
EDUIGE.
Vengez-moi toutefois, mais d'une autre manière :
Pour conserver mes jours, laissez-lui la lumière;Quelque mort que je doive à sou manque de foi,Oli'Z-lui Rodelinde, et c’est assez pour moi...
Je veux qu’il se repente et se repente en vain,
Rende haine pour haine, et dédain pour dédain ;
Je veux qu'en vain son âme, esclave de la mienne,
Me demande sa grâce, el jamais ne l’obtienne,
Qu’il soupire sans fruit; ei, pour le punir mieux,
Je veux même à mon tour vous aimer a ses yeux.
ÜAR1UALDE.
Le pourrez-vous, madame, el savez-vous vos forces ?Savez-vous de l’amour quelles sont les amorces?Savez-vous ce qu’il peut, el qu’un visage aiméEst toujours trop aimable à ce qu’il a charmé ?
Si vous ne m’abusez, votre cœur vous abuse :L’inconstance jamais n’a de mauvaise excuse;
El, comme l’amour seul faille ressentiment,
Le moindre repentir obtient grâce à l’amant.
EIHJIGE.
Quoi qu’il puisse arriver, donnez-vous cette gloireD’avoir sur eel ingrat rétabli ma victoire;
Sans songer qu’à me plaire exécutez mes lois,
Et pour l’événement laissez tout à mou choix ;
Souffrez qu’en liberté je Paimc ou le néglige.
L’amant est trop payé quand son service oblige-;
Et quiconque en aimant aspire à d’autres prix,.
M’a qu’un amour servile et digne de mépris.
Le véritable amour jamais n’esl mercenaire,
11 nYsl jamais souillé de l’espoir du salaire,
Il ne veut que servir, et n’a point d’intérêtQu’il n’immole à celui de l’objet qui lui plaît.
Voyez doue Grimoald, tâchez à le réduire;
Faites-moi triompher, au hasard de vous nuire;
Et si je prends pour lui des sentiments plus doux,
Vous m’aurez faite heureuse, et c’est assez pour vous.
Je verrai par l’effort de votre obéissanceOù doit aller celui de ma reconnaissance.
Cependant, s’il est vrai que j’ai pu vous charmer,Aimez-moi plus que vous, ou cessez de m’aimer :
C’est par là seulement que l’on mérite Eduige.
Je veux bien qu’on espère et non pas qu’on exige;
Je ne yeux rien devoir : mais lorsqu’on me sert bien,
On peut attendre tout de qui ne promet rien.
(ElU* soit.)
Mais Garibalde est loin de vouloir servir l’amourd’Eduige ; c’est Grimoald lui-meme qui, de peurqu’un autre amant n’embrassât la querelle de cetteprincesse, a engagé son vassal à la rechercher ;séduit par l’éclat de la couronne beaucoup plusque par les charmes de celle qui la porte , il sepropose, en donnant de perfides conseils à Gri-