l8 ESSAI SUR I,A VIE ET LES ÉCRITS
guère que pour obtenir les suffrages d’un petit cercled’amis et de connaisseurs qu’il composa, de 1800 à1802, divers Opuscules, long-temps ignorés d’ailleurs :VEloge d’Hélène, ouvrage nouveau, comme il le ditquelque part, donné sous un titre ancien et comme unesimple traduction d’Isocrate ; le Voyage de Ménélas àTroye pour redemander Hélène , composition d’un autregenre , dans laquelle il semblait s’être proposé d’effacerl’auteur de Télémaque, comme imitateur de la narrationantique ; enfin un article sur l’édition de l’Athénée deSchweighauser, le morceau de critique le plus habile-ment et le plus élégamment écrit qui ait paru dans leMagasin encyclopédique de Millin. Sans les Pamphlets,qui ont fait la célébrité de Courier, on saurait à peineaujourd’hui l’existence de ces opuscules. On est étonnéde ne les trouver guère inférieurs aux publications quiont suivi. C’est que le grand style qu’on ne se lasse pointd’admirer dans Courier, n’a pas été moins en lui un donnaturel que le produit des études de toute sa vie.
Le consulat approchait de sa fin , et avec lui la paixconquise sur les champs de bataille de Marengo et deHohenlinden. Courier fut désigné pour aller comman-der comme chef d’escadron l’artillerie d’un des corpsqui occupaient l’Italie, redevenue française. Les travauxqu’il avait entrepris , les relations qu’il s’était faites pen-dant trois années de non-activité, ne furent rien auprèsdu bonheur de revoir un pays, des mers, un ciel qu’ilaimait avec passion, et dont il ne parlait jamais sansravissement. Il était à peine en Italie que l’ordre y vintde prendre l’opinion des différens corps sur un nouveauchangement dans le gouvernement de la France. La