Band 
Tome premier.
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DE PAUL-LOUIS COURIER.

3 I

avait trouvé la place de Clavier assez honorable pour la' vouloir occuper après lui, il s’était fustigé lui-même surcette prétention en voulant humilier le corps entier desacadémiciens; qu’il était peu conséquent à lui d’avoirfrappé à la porte d’une académie, uniquement fondée,d’après son dire actuel « pour composer des devises aux« tapisseries du roi et, en un besoin, aux bonbons de; « la reine. » Si Courier était coupable ici de quelque! légèreté, il en fut puni dans le temps par l’endroit le- plus sensible à un auteur. Sa lettre aujourd’hui si ad-mirée n’eut d’abord point de succès. Ce qu’on appelaitla méchanceté et la vanité blessée de l’académicien aspi-rant , ferma beaucoup d’yeux sur l’art infini avec lequelétait composé ce petit écrit ou plutôt on fut sciemment,injuste, parce que la personnalité maniée si cruellementi effraie jusqu’aux rieurs, pour peu qu’ils soient exposésà rencontrer un si terrible homme et à lui déplaire.« Nulle part cependant Courier n’a répandu avec plus« de bonheur les traits d’une satire à la fois bouffonne« et sérieuse, qui excite le rire en même temps qu’elle« soulève l’indignation et le mépris; telle qu’on l’ad-« mire dans les immortelles Provinciales. » C’est lejugement émis par Courier lui-même dans une courtenotice sur sa personne et sur ses écrits qui n’a pointété publiée sous son nom, mais dans laquelle il estimpossible de le méconnaître, et dont il serait ridiculede rougir ici pour lui S’il était possible de prendre

1 L’opinion de Madame Courier et de quelques personnes qui ont connutrès-particulièrement Courier, est que cette notice n’est point de lui.L’auteur de cet Essai a cru pouvoir, malgré des autorités si respectables,persister dans l’assertion qu’il a émise ici.