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Tome premier.
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ESSAI SUR LA VIE ET LES ÉCRITS

moyens à s’attacher Courier, mais inutilement. Courierne voulait pas plus qu’auparavant se faire une carrièrepolitique. Il était bien réellement paysan, occupé de savigne, de ses bois, de ses champs. Précisément alorsses propriétés avaient à souffrir de la part de gens quitrouvaient protection auprès des autorités du pays; et ilétait toujours allant et venant de Paris à sa terre, de saterre à Paris, poussant un procès contre l’un, deman-dant inutilement justice contre l'autre. Comme M. De-cazes réitérait auprès de lui ses assurances d’envie delui être utile, il crut pouvoir profiter de dispositions sirares de la part d’un ministre, au moins pour obtenirdans son village repos du côté des autorités et satisfac-tion de ceux qui volaient impunément ses bois. Il parutdans les salons ministériels du temps, et cela seul suffitpour faire changer de conduite à son égard le préfet dudépartement, et tout ce qui dépendait du préfet. C’était làtout ce qu’il voulait; il remercia, salua, et ne reparut plus.

La lettre A Messieurs de VAcadémie des Inscriptionset Belles-Lettres, donnée en 1820, coupa court aux peti-tes attentions ministérielles, dont Courier avait continuéd’être l’objet depuis la pétition de Luynes. Ses amisavaient tous blâmé l’âprelé de ce nouvel écrit. Lui s’é-tonnait qu’on put y voir autre chose que ce que tout lemonde pensait des académies et de certains académi-ciens. On sait l’histoire de cette lettre. Courier s’étaitprésenté pour succéder, à l’académie des Inscriptions ,à Clavier, son beau-père. A l’en croire, il avait paroledu plus grand nombre des académiciens, et cependant,au jour de l’élection, il avait été unanimement rejeté. Ils’en fâcha et fit la lettre. On remarqua que, puisqu’il