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Tome premier.
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PÉTITION

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le sais pas bien ; et si je le savais, peut-être 11e ledirais-je pas, de peur de me brouiller avec tropde gens. En ce temps, François Fouquet, allantau grand moulin, rencontra le curé qui condui-sait un mort au cimetière de Luynes. Le passageétait étroit ; le curé, voyant venir Fouquet sur soncheval, lui crie de s’arrêter; il ne s’arrête point;d’ôter son chapeau, il le garde; il passe; il trotte;il éclabousse le curé en surplis. Ce 11e fut pas tout;aucuns disent, et je n’ai pas peine à le croire,qu’en passant il jura, et dit qu’il se moquait (vousm’entendez assez) du curé et de son mort. Voilàle fait, messieurs; je n’y ajoute n’y n’en ôte ; je neprends point, Dieu m’en garde, le parti de Fou-quet, ni ne cherche à diminuer ses torts. Il fitmal; je le blâme, et le blâmai dès-lors. Or, écou-tez ce qui en advint.

Trois jours après, quatre gendarmes entrentchez Fouquet, le saisissent, l’emmènent aux pri-sons de Langeais, lié, garotté, pieds nus, les me-nottes aux mains, et pour surcroît d’ignominie,entre deux voleurs de grand chemin. Tous trois,on les jeta dans le même cachot. Fouquet y futdeux mois; pendant ce temps sa famille n’eut,pour subsister, d’autre ressource que la compas-sion des bonnes gens qui, dans notre pays, heu-reusement ne sont pas rares. H y a chez nous plusde charité que de dévotion. Fouquet donc étanten prison , ses enfans ne moururent pas de