PÉTITION
de bonapartisme, traitait de même leurs enfansil y a peu d’années, mais pour un tout autre mo-tif, pour avoir refusé de servir Bonaparte. 11 fai-sait, par les mêmes suppôts, saisir le conscrit ré-fractaire, et conduire aux galères l’enfant quipréférait son père à Bonaparte. Que dis-je! audéfaut de l’enfant, il saisissait le père même, fai-sait vendre le champ, les bœufs et la charrue dumalheureux dont le fils avait manqué deux foisà l’appel de Bonaparte. Yoilà les gens qui nousaccusent de bonapartisme. Pour moi, je n’accuseni ne dénonce, car je ne veux nul emploi, et n’aide haine pour qui que ce soit; mais je soutiensqu’en aucun cas on ne peut avoir de raison d’ar-rêter à Luynes dix personnes, ou à Paris centmille; car c’est la même chose. Il n’y saurait avoirà Luynes dix voleurs reconnus parmi les habi-tans, dix assassins domiciliés; celaest si clair, qu’ilme semble aussitôt prouvé que dit. Ce sont doncdix ennemis du roi qu’on prive de leur liberté,dix hommes dangereux à l’Etat. Oui, messieurs, àcent lieuës de Paris, dans un bourg écarté, ignoré,qui n’est pas même lieu de passage, où l’on n’ar-rive que par des chemins impraticables, il y alà dix conspirateurs, cîix ennemis de l’État et duroi, dix hommes dont il faut s’assurer, avec pré-caution toutefois. Le secret est l’ame de toute opé-ration militaire. A minuit on monte à cheval; onpart; on arrivée sans bruit aux portes de Luynes;