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Tome premier.
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PÉTITION

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de marcher : on arrête, on emmene, on empri-sonne tous ceux qui pouvaient paraître coupa-bles. La justice cette fois semblait du côté dumaire; il soupçonnait tout le monde, peut-êtreavec raison. Je ne vous fatiguerai point, mes-sieurs , des détails de ce procès que je ne connaispas bien, et qui dure encore. J’ajouterai seule-ment que, des dix premiers arrêtés, on en con-damna deux à la déportation ( car il ne fallaitpas que l’autorité eût tort ); deux sont en prison ;six, renvoyés sans jugement, revinrent au pays,ruinés pour la plupart, infirmes, hors d’état dereprendre leurs travaux. Ceux-là, il est permis decroire qu’ils n’avaient pas même mal parlé. Dieuveuille qu’ils ne trouvent jamais l’occasion d’agir !

Mais vous allez croire Luynes un repaire debrigands, de malfaiteurs incorrigibles, un foyerde révolte, de complots contre l’Etat. Il vous sem-blera que ce bourg, bloqué en pleine paix, sur-pris par les gendarmes à la faveur delà nuit, donton emmène dix prisonniers, et où de pareillesexpéditions se renouvellent souvent, ne sauraitêtre peuplé que d’une engeance ennemie de toutesociété. Pour en pouvoir juger, messieurs, il vousfaut remarquer d’abord que la Touraine est, detoutes les provinces du royaume , non-seulementla plus paisible, mais la seule peut-être paisibledepuis vingt-cinq ans. En effet, où trouverez-vous, je ne dis pas en France, mais dans l’Eu-