AU RÉDACTEUR DU CENSEUR. 63
nous oublier , qu’il pense à nous le moins possi-ble. Ses intentions à notre égard sont sans douteles meilleures du monde, ses vues toujours par-faitement sages, et surtout désintéressées; mais,par une fatalité qui ne se dément jamais, tout cequ’il encourage languit, tout ce qu’il dirige vamal, tout ce qu’il conserve périt, hors les mai-sons de jeu et de débauche. L’Opéra , peut-être,aurait peine à se passer du gouvernement; maisnous, nous ne sommes pas brouillés avec le pu-blic. Laboureurs, artisans, nous ne l’ennuyonspas, même en chantant ; à qui travaille, il ne fautque la liberté.
Voilà ce que l’on pourra dire, et que certaine-ment diront à M. Bujault les partisans du libreexercice de l’industrie. Mais les mêmes gens l’ap-prouveront, lorsqu’il reproche aux oisifs , dontabondent la ville et la campagne, aux jeunesgens, et, chose assurément remarquable, auxgrands propriétaires de terres , leur dédain pourl’agriculture, suite de cette fureur pour les places,qui est un mal ancien chez nous, et dont Philippede Comines, il y a plus de trois cents ans, a faitdes plaintes toutes pareilles. Ils ri ont , dit-il,souci de rien , parlant des Français de son temps,sinon d'offices et états, que trop bien ils saventfaire valoir , cause principale de mouvoir guerreset rébellions. Les choses ont peu changé; seule-ment cette convoitise des offices et états ( curée