AU REDACTEUR DU CENSEUR.
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Plessis-lèz-Tours , Blois, Amboise, Marmoutiers,que retracent-ils à l’esprit? de honteuses débau-ches , d’infâmes trahisons, des assassinats, desmassacres, des supplices, des tortures, d’exé-crables forfaits , le luxe et la luxure, et la crasseignorance des abbés et des moines, et pis encorel’hypocrisie. Les monumens , il faut l’avouer,pour la plupart ne rappellent guère que des cri-mes ou des superstitions, dont la mémoire , sanseux, dure toujours assez; et, s’ils ne sont utilesaux arts comme modèles, ce qui se peut dire d’unpetit nombre, que gagne-t-on à les conserver,lorsqu’on en peut tirer parti pour l’avantage detous ou de quelqu’un seulement? Les pierres d’uncouvent sont-elles profanées, ne sont-elles pasplutôt purifiées, lorsqu’elles servent à élever lesmurs d’une maison de paysan, d’une sainte etchaste demeure, où jamais ne cesse le travail, nipar conséquent la prière ? Qui travaille prie.
Une terre non plus n’est pas détruite; c’est purefaçon de parler. Bien le peut être un marquisat,un titre noble quand la terre passe à des vilains.Encore, dit-on qu’il se conserve et demeure ausang, à la race; tant qu’il y a race; je m’en rap-porte. Prenez le titre, a dit La Fontaine, et
laissez-moi la rente. C’est, je pense, à peu prèsle partage qui a lieu, lorsqu’un fief tombe enroture, malheur si commun de nos jours ! Legentilhomme garde son titre, pour le faire valoir