AU RÉDACTEUR DU CENSEUR.
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seul appartient de créer; qu’on ne fait point sansdéfaire ; cpie ne jamais détruire , c’est ne jamaisrenouveler. Celui-ci,pour conserver les bois, dé-fend de couper une solive; un autre conserverales pierres de la carrière ; à présent, bâtissez.L’abbé de La Mennais conserve les ruines , lesrestes de donjons, les tours abandonnées, toutce qui pourrit et tombe. Que l’on construise unpont du débris délaissé de ces vieilles masures,qu’on répare une usine, il s’emporte , il s’écrie :L’esprit de la révolution est éminemment destruc-teur. Le jour de la création , quel bruit n’eût-ilpas fait ! il eût crié: Mon Dieu, conservons lechaos.
En somme, ces gens-ci, ces destructeurs deterres, font grand bien à la terre, divisent le tra-vail , aident à la production, et faisant leurs af-faires , font plus pour l’industrie et l’agricultureque jamais ministre, ni préfet, ni société d’en-couragement, sous l’autorisation du préfet. Lepublic les estime peu. En revanche, il honorefort ceux qui le dépouillent et l’écrasent ; toutefortune faite à ses dépens lui paraît belle et bienacquise.
Voilà ce que me dit mon voisin. Mais, moi ,tous ces discours me persuadent peu. Je ne suispas né d’hier, et j’ai mes souvenirs. J’ai vu lesgrandes terres, les riches abbayes ; c’était le tempsdes bonnes œuvres. J’ai vu mille pauvres recevoir