Band 
Tome premier.
Seite
85
JPEG-Download
 

A.U RÉDACTEUR DU CENSEUR. 85

bliquement de fainéantise et de mendicité, si l’onne veut dire encore et d’impudicité.

Parmi les causes d’accroissement de la popu-lation , il ne faut pas compter pour peu le reposde Napoléon. Depuis que ce grand homme est làoù son rare génie l’a conduit, s’il eût continuéde l’exercer, trois millions de jeunes gens seraientmorts pour sa gloire, qui ont femmes et enfans ,maintenant; un million serait sous les armes ,sans femme, corrompant celles des autres. Il estdonc force, en toute façon, que le peuple croisse;ainsi fait-il, ayant repos, biens et chevances , peude soldats et point de moines.

A présent, je dis le peuple paie , et nul ne mecontredira. Si ce n’est là, monsieur, ce que vousavez écrit, c’est ce qu’il fallait écrire, pour n’a-voir point de dispute. Le peuple prie est unethèse un peu sujette à examen. Le peuple paieest un axiome de tout temps , de tout pays , detout gouvernement. Mais le peuple français surce point se distingue entre tous, et se pique depayer largement, d’entretenir magnifiquementceux qui prennent soin de ses affaires, de quel-que nation, condition, mérite ou qualité qu’ilssoient; aussi n’en manque-t-il jamais. Quand tousses gouvernans s’en allèrent un jour, croyant luifaire pièce et le laisser en peine , d’autres se pré-sentèrent qu’on ne demandait pas, et s’impatro-nisèrent ; puis les premiers revenant comme 011