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Tome premier.
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LETTRES

y pensait le moins ( avec quelques voisins ), grandconflit, grand débat, que le peuple accommodaen les payant tous, et tous ceux qui s’étaient mê-lés de l’affaire ; tant il est de bonne nature ;peuple charmant, léger, volage,muable, variable,changeant, mais toujours payant. Qui l’a dit?Je ne sais, Bonaparte ou quelque autre : le peu-ple est fait pour payer; et lisez là-dessus, si vousen êtes curieux, un chapitre du testament de cegrand cardinal de Richelieu , dans lequel il exa-mine , en profond politique et en homme d’état,cette importante question, Jusqu’à quel point ondoit permettre que le peuple soit à son aise. Tropd’aise le rend insolent; il faut le faire payer pourlui ôter ce trop d’aise. Trop peu l’empêche depayer; il faut lui laisser quelque chose , commeaux abeilles on laisse du miel et de la cire. Il luifaut même encore, sans quoi il ne travaillerait ,n’amasserait , ni ne paierait, un peu de liberté.Mais combien, c’est là le point. M. Decazes nousle dira. En attendant nous lui payons, bon anmal an, neuf cents millions, et s’il payait commenous tout ce qu’on lui demande, il aurait bienmoins de querelles.

A vrai dire aussi, on le chicane sur l’emploide ces neuf cents millions. Le meilleur usage qu’ilen pût faire, ce serait, selon moi, de les jouerau biribi, ou d’en entretenir des nymphes d’O-péra , à l’insu de madame la comtesse. Cela serait