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LETTRES
mais quelques-uns revenus de lointain pays. Ra-rement à courir le monde devient-on plus hommede bien ; mais un ecclésiastique , dans la vie va-gabonde, prend d’étranges habitudes. MessireJean Chouart était bon homme, tout à son bré-viaire, à ses ouailles; il était doux et humble decœur, secourait l’indigent , confortait le dolent,assistait le mourant; il apaisait les querelles, pa-cifiait les familles: le voilà revenu d’Allemagneou d’Angleterre , espèce de hussard en soutane ,dont le hardi regard fait rougir nos jeunes filles ,et dont la langue sème le trouble et la discorde;hardi, querelleur, cherchant noise; c’est un drôlequi n’a pas peur, tout prêt à faire feu sur lesbleus, au premier signe de son évêque. Tels sontnos prêtres de retour de l’émigration. Ils ontbesoin de bons exemples et en trouveront parminous. Mais si nous sommes plus forts qu’eux surles commandemens de Dieu, ils nous en remon-trent à leur tour sur les commandemens de l’É-glise , qu’ils se rappellent mieux que nous, etdont le principal est., je crois, donner tout sonbien pour le Ciel. Vous me demandez, disait cebon prédicateur Barlette, comment on va en pa-radis} Les cloches du couvent vous le disent : don-nez , donnez , donnez. Le latin du moine est joli.Vos quœritis a me, fratres carissimi , quomodoitur ad paradisum ? Hoc dicunt vobis campanœmonasterii, dando , dando , dando.