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Tome premier.
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105
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ATJ RÉDACTEUR DU CENSEUR. 103

Mais, quand un Phénicien ( ce fut, je m’ima-gine, quelque manufacturier, sans titre, sansnaissance) eut enseigné aux hommes à peindrela parole, et fixer par des traits cette voix fugi-tive, alors commencèrent les inquiétudes vaguesde ceux qui se lassaient de travailler pour autrui,et en même temps le dévouement monarchiquede ceux qui voulaient à toutes forces qu’on travail-lât pour eux. Les premiers mots tracés furentliberté , loi , droit , équité , raison; et dès lors onvit bien que cet art ingénieux tendait directe-ment à rogner les pensions et les appointemens.De cette époque datent les soucis des gens enplace, des courtisans.

Ce fut bien pis, quand l’homme de Mayence( aussi peu noble, je le crois, que celui de Sidon )à son tour eut imaginé de serrer entre deux aisla feuille qu’un autre fit de chiffons réduits enpâte ; tant le démon est habile à tirer parti detout pour la perte des âmes! L’Allemand, par telmoyen, multipliant ces traits de figures tracéesqu’avait inventées le Phénicien, multiplia d’autantles mots que fait la pensée. O terrible influencede cette race qui ne sert ni Dieu, ni le roi, adon-née aux sciences mondaines, aux viles profes-sions mécaniques! engeance pernicieuse, que neferait-elle pas si on la laissait faire, abandonnéesans frein à ce fatal esprit de connaître, d’in-venter et de perfectionner! Un ouvrier, un mise-