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Tome premier.
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LETTRES

rable ignoré dans son atelier, de quelques gue-nilles fait une colle, et, de cette colle, du papierqu’un autre rêve de gaufrer avec un peu de noir;et voilà le monde bouleversé , les vieilles monar-chies ébranlées, les canonicats en péril. Diabo-lique industrie ! rage de travailler, au lieu dechômer les saints et de faire pénitence ! il n’y ade bons que les moines, comme dit M. de Cous-sergue, la noblesse présentée, et messieurs leslaquais. Tout le reste est perverti, tout le resteraisonne, ou bientôt raisonnera. Les petits enfanssavent que deux et deux font quatre. O temporalô mores ! O M. Clauzel de Coussergue, ô Marcas-sus de Marcellus !

Tant il y a qu’il n’y a plus qu’un moyen de gou-verner, surtout depuis qu’un autre émissaire del’enfer a trouvé cette autre invention de distri-buer chaque matin à vingt ou trente milleabonnés une feuille où se lit tout ce que le mondedit et pense , et les projets des gouvernans et lescraintes des gouvernés. Si cet abus continuait,que pourrait entreprendre la cour, qui ne fûtcontrôlé d’avance, examiné, jugé, critiqué, ap-précié ? Le public se mêlerait de tout, voudraitfourrer dans tout son petit intérêt, compteraitavec la trésorerie, surveillerait la haute police ,et se moquerait de la diplomatie. La nation enfinferait marcher le gouvernement, comme un co-cher qu’on paie, et qui doit nous mener , non où