Band 
Tome premier.
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109
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AU REDACTEUR DU CENSEUR.

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LETTRE XI.

Véretz., io avril 1830.

Je trouve comme vous, monsieur, que nosorateurs ont fait merveille pour la liberté de lapresse. Rien ne se peut imaginer de plus fort nide mieux pensé que ce qu’ils ont dit à ce sujet,et leur éloquence me ravit, en même temps quesur bien des choses j ’admire leur peu de finesse.L’un, aux ministres qui se plaignent de la licencedes écrits, répond que la famille royale ne fut ja-mais si respectée , qu’on n’imprime rien contrele roi. En bonne foi, il faut être un peu de son dépar-tement pour croire qu’il s’agit du roi, lorsqu’oncrie -vengez le roi. Ainsi ce bonhomme, au théâ-tre , voyant représenter le Tartufe , disait : Pour-quoi donc les dévots haïssent-ils tant cette pièce?il n’y a rien contre la religion. L’autre, non moinsnaïf, s’étonne, trouve que partout tout est tran-quille , et demande de quoi on s’inquiète. Celui-là certes n’a point de place, et ne va pas chez lesministres; car il y verrait que le inonde (le monde,comme vous savez, ce sont les gens à places ),bien loin d’être tranquille, est au contraire forttroublé par l’appréhension du plus grand de tous