T 10
LETTRES
les desastres, la diminution du budget, dont lemonde en effet est menacé , si le gouvernementn’y apporte remède. C’est à éloigner ce fléau quetendent ses soins paternels, bénis de Dieu jus-qu’à ce jour. Car, depuis cinq ou six cents ans,le budget , si ce n’est à quelques époques deLouis XII et de Henri IV, a continuellement aug-menté, en raison composée, disent les géomè-tres , de l’avidité des gens de cour et de la patiencedes peuples.
Mais, de tous ceux qui ont parlé dans cetteoccasion, le plus amusant, c’est M. BenjaminConstant, qui va dire aux ministres: Quoi?pointde journaux libres ? point de papiers publics( ceux que vous censurez sont à vous seuls ) ?Comment saurez-vous ce qui se passe? Vos agensvous tromperont, se moqueront de vous, vousferont faire mille sottises, comme ils faisaientavant que la presse fût libre. Témoin l’affaire deLyon. Car, qu’était-ce , en deux mots? On vousmande qu’il y a là une conspiration. Eh bien !qu’on coupe les têtes, répondîtes-vous d’abord ,bonnement. L’ordre part; et puis, par réflexion,vous envoyez quelqu’un savoir un peu ce quec’est. Le moindre journal libre vous l’eût apprisà temps, bien mieux qu’un maréchal et à bienmoins de frais. Que sûtes-vous par le rapport devotre envoyé? peu de chose. A la fin on imprime,tout devient public, et il se trouve qu’il n’y a