AU RÉDACTEUR DU CENSEUR. 123
ment, fait tout ce qui se fait; bâtit, cultive, fa-brique autant qu’il est permis; lit, médite, cal-cule, invente, perfectionne les arts, sait tout cequ’on sait à présent, et sait aussi se battre, si sebattre est une science. Il n’est vilain qui n’en aitfait son apprentissage, et qui là-dessus n’en re-montre aux descendans des Duguesclin. Georgesle laboureur, André le vigneron, Pierre, Jacquesle bon homme, et Charles qui cultive ses troiscents arpens de terre, et le marchand, l’artisan,le juge, l’avocat, et notre digne vicaire, tous ontporté les armes ; tous vous ont fait la guerre. Ah !s’ils n’eussent jamais eu le grand homme à leur
tête,. sans la troupe dorée, les comtes, les
ducs, les princes, les officiers de marque...., si laroture en France n’eût jamais dérogé, ni la va-leur dégénéré en gentilhommerie, jamais nosfemmes n’eussent entendu battre vos tambours.
Or, ces gens-là et leurs enfans , qui sont gran-dis depuis Waterloo, ne font pas chez nous sipeu de monde, qu’il n’y en ait bien quelquesmillions n’ayant ni manières de Versailles , niformes de la Malmaison, et qui, au premier pasque vous ferez sur leurs terres, vous montre-ront qu’ils se souviennent de leur ancien métier;car il n’est alliance qui tienne, et si vous venezles piller au nom de la très-sainte et très-indivi-sible Trinité , eux, au nom de leurs familles, deleurs champs, de leurs troupeaux, vous tireront