AU RÉDACTEUR DU CENSEUR. Ia5
j trouverez rien où vous passerez, si vous passez,
! et vous coucherez à l’air, quand vous vous cou-i cherez; car nos maisons, si nous ne pouvons: vous en écarter, nous savons qu’il vaut mieux lesi rebâtir que les racheter; cela est plus tôt fait,
| coûte moins. Ne vous rebutez pas, d’ailleurs, sivous trouviez, dans cette façon de guerroyer,quelques inconvéniens. Il y a peu de plaisir àconquérir des gens qui ne veulent pas être con-quis, et nous en savons des nouvelles. Rien ne• dégoûte de ce métier comme d’avoir affaire auxclasses inférieures. Mais ne perdez point cou-rage; car si vous reculiez, s’il vous fallait retour-ner sans avoir fait la paix ni stipulé d’indemnités,j alors, alors, peu d’entre vous iraient conteraleurs enfans ce que c’est que la France en tirail-leurs, n’ayant ni héros ni péquins.
Apprenez , dit le prophète, apprenez , grandsde la terre ; c’est-à-dire , messieurs du congrès ,renoncez aux vieilles sottises. Instruisez-vous,arbitres du monde ; c’est-à-dire, Excellences, re-gardez ce qui se*passe, et faites-vous sages, s’ilse peut. L’Espagne se moque de vous, et la Francelierons craint pas. Vos amis ont beau dire etfaire, nous ne sommes pas disposés à nous gou-verner par vos ordres; et ni eux, avec leurs septhommes, ni vous, avec vos sept cent mille, nenous faites la moindre peur; partant, je ne voisnulle raison de changer notre allure pour vous