ia8 AU CONSEIL DE PREFECTURE
« claration expresse faite, tant à la municipalité« du lieu que l’on quittera qu’à celle du lieu où« l’on aura transféré son domicile. »
Cette déclaration , je ne l’ai faite nulle part, nià Paris, ni ailleurs; mon principal établissementest la maison de mon père > à Luynes; là est lechamp que je cultive, et dont je vis avec ma fa-mille; là, mon toit paternel, la cendre de mespères, l’héritage qu’ils m’ont transmis et que jen’ai quitté que quand il a fallu le défendre à lafrontière. N’ayant rempli, en aucun lieu, aucunedes formalités qui constituent, suivant la loi, lechangement de domicile, je suis à cet égardcomme si jamais je n’eusse bougé de ma-mai-son de Luynes. C’est l’opinion des gens de loi quej’ai consultés là-dessus, et j’en ai consulté plu-sieurs qui, de contraire avis en tout le reste ( carils suivent différens partis dans nos malheu-reuses dissensions ), sur ce point seul n’ont qu’unevoix. En résumé voici ce qu’ils disent :
Mon domicile de droit est, selon le Code, àLuynes. Mon domicile de fait à Véretz, où j’ai,depuis deux ans, maison, femme et enfans. Cesdeux communes étant dans le même arrondisse-ment du département d’Indre-et-Loire, mon do-micile est, de toute façon, dans ce département,où je dois voter comme électeur. Si je nommaisles jurisconsultes de qui je tiens cette décision ,vous seriez étonnés, messieurs, vous admireriez