l3o AU CONSEIL DE PREFECTURE
pas une chambre, pas un lit, pas un meuble, c’estêtre un peu hardi, ce me semble. De quelquepart qu’aient pu lui venir ces instructions, fût-cemême de Paris, il est mal informé. Aussi malinformé est le préfet, qui, sur ce point, eût mieuxfait de s’en rapporter à la notoriété publique, re-commandée par les ministres comme un bonmoyen de compléter les listes électorales. Cettenotoriété lui eût appris d’abord que nul n’estmieux que moi établi et domicilié dans ce dépar-tement, et que je n’eus de ma vie domicile à Pa-ris, non plus qu’à Vienne, à Rome, à Naples, etdans les autres capitales où tour à tour me con-duisirent les chances de la guerre et l’étude desarts, et où j’ai résidé plus long-temps qu’à Pans,sans perdre pour cela mon domicile au lieu demon unique établissement dans le départementd’Indre-et-Loire.
Certes quand je bivouaquais sur les bords duDanube, mon domicile n’était pas là. Quand jeretrouvais, dans la poussière des bibliothèquesd’Italie, les chefs-d’œuvre perdus de l’antiquitégrecque, je n’étais pas à demeure dans ces bi-bliothèques. Et depuis, lorsque seul, au tempsdei8i5, je rompis le silence de la France op-primée, j’étais bien à Paris, mais non domicilié.Mon domicile était à Luynes, dans le paysmalheureux alors dont j’osai prendre la dé-fense.