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Tome premier.
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X 38 AU CONSEIL UE PRÉFECTURE

où ai-je pu m’attirer cette attention, cette dis-tinction ? Je l’ignore, et ne vois rien dans ma vie,dans ma conduite, jusqu’à ce jour, qui puisseêtre suspect de mauvaise intention, de cabale ,d’intrigue, de vue particulière ou d’esprit departi, ni faite ombrage à qui que ce soit. Est-cehaine personnelle de M. le préfet ? me croit-il sonennemi, parce qu’il m’est arrivé de lui parler li-brement ? Il se tromperait fort. Ce n’est pas d’au-jourd’hui, ni avec lui seulement, que j’en usede cette façon. J’ai bien d’autres griefs, moi Cou-rier, contre lui qui cherche à me ravir le plusbeau, le plus cher, le plus précieux de mes droits,et pourtant je ne lui en veux point. Je sais à quoioblige une place, ou je m’en doute , pour mieuxdire, et plains les gens qui ne peuvent ni parlerni agir d’après leur sentiment, s’ils ont un sen-timent.

Mon droit est évident, palpable, incontestable.Tout le monde en convient, et nul n’y contredit,excepté le préfet. Je vous prie donc, messieurs,de m’inscrire sur les listes où mon nom doit pa-raître et n’a pu être omis que par la plus insignemauvaise foi. Je suis électeur, je veux l’être et enfeiercer tous les droits. Je n’y renoncerai jamais,et je déclare ici, messieurs, devant vous , devanttous ceux qui peuvent entendre ma voix, je lesprends à témoin que je proteste ici contre touteopération que pourrait faire , sans moi, le collège