LETTRES PARTICULIÈRES.
153
H„h LETTR e PARTICULIÈRE.
Tours , a 8 novembre i8uo.
Vous êtes babillard, et vous montrez mes lettres,ou bien vous les perdez; elles vont de main en main,et tombent dans les journaux. Le mal serait petitsi je ne vous mandais que les nouvelles du Pont-Neuf; mais de cette façon tout le monde sait nosaffaires. Et croyez-vous, je vous prie, moi qui aitoujours fui la mauvaise compagnie, que je prenneplaisir à me voir dans la Gazette?
Notre vigne n’est point si chétive qu’on le vou-drait bien faire croire. Les vieilles souches, à vraidire, sont pourries jusqu’au coeur, et le fruit n’envaut guère; mais un jeune plant s’élève, qui vaprendre le dessus et couvrir tout bientôt. Laissez-le croître avec cette vigueur, cette sève, seule-ment cinq ou six ans encore, et vous m’en direzdes nouvelles.
Si vous me promettiez de tenir votre langue ,je vous conterais.... mais non; car vous iriez toutdire, et je suis averti; je vous conterais nos élec-