Band 
Tome premier.
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LETTRES PARTICULIÈRES,

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place à présent qu’aucune Compagnie d’Assu-rance voulût garantir pour un mois. Cependant,leur dis je, il me semble qu’avec de grandes demi-lunes, des fronts en ligne droite et un bon défile-ment, on doit tenir un certain temps. Ils me re-gardèrent plus surpris que la première fois , et lemême hornme continua : Ma foi , vu leur peu desûreté, les places aujourd’hui ne valent pas grand’-chose. Vous voulez dire, lui répliquai-je , que lesmeilleures ont été livrées à l’ennemi.

Comme je semblais les gêner, je m’en allai,fâché de quitter cette conversation, et; plus loinje rencontrai l’honnète procureur, qui passe pourmener tout le parti noble ici. C’est Calas ou Colasqu’on le nomme, je crois; garçon d’un vrai mé-rite. Avez-vous remarqué que depuis quelquetemps les nobles nulle part ne font rien , s’ils nesont menés par des vilains? Qu’est-ce que Lainé,de Villèle, Ravez, Donnadieu, Martainville, sinonles chefs de la noblesse, et tous vilains? Sans eux,que deviendrait le parti des puissances étran-gères, réduit à M. de Marcellus ? et, chez ces puis-sances, qu’aurait fait la noblesse allemande, siles vilains ne l’eussent entraînée contre l’arméede Bonaparte, qui elle-même alla très-bien, étantmenée par des vilains, mal aussitôt qu’elle futcommandée par des nobles; autre point à noter.Mais où en étions-nous? à Colas, procureur etchef de la noblesse. Je suis content, disait-il, oui,