lÔO LETTRES PARTICULIÈRES.
je suis fort content de M. de Duras, il a du carac-tère, et je n’aurais pas cru qu’un gentilhomme,
un duc., aussi, l’ai-je fait président de notre
club des Carmélites, club d’honnêtes gens. Nousnous assemblâmes hier, lui président, moi secré-taire; nous avons tous prêté serment entre lesmains de M. le duc. Ils ont juré foi de gentil-homme, moi, foi de procureur, et j’ai fait le pro-cès-verbal de la séance. Mais, le bon de l’affaire ,c’est que le préfet s’est avisé d’y trouver à redire.Là-dessus nous l’avons mené de la bonne ma-nière, et M. de Duras a montré ce qu’il est. Mon-sieur, lui a-t-il dit, je vous défends, au nom demon gouvernement*, de vous mêler des élections.Voilà parler cela, et voilà ce que c’est que de lafermeté. Le pauvre préfet n’a su que dire. Je vousassure, moi, que la noblesse a du bon, et feraquelque chose, Dieu aidant, avec les puissancesétrangères. Tout cela ne demande qu’à être unpeu conduit, et j’en fais mon affaire.
Il continua, et je l’écoutais avec grand plaisir,quand le président, m’appelant, me donna un deces billets où il fallait écrire deux noms. Pour moi,j’y voulais mettre Aristide et Caton. Maison medit qu’ils n’étaient pas sur la liste des éligiblesJ’écrivis Bignon et un autre ; Bignon, vous le con-naissez, je crois, celui qui ne veut pas qu’on pro-scrive; et je m’en allai comme j’étais venu, à tra-vers les gendarmes.