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Tome premier.
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LETTRES PARTICULIÈRES.

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Je voudrais bien répondre à ce monsieur dujournal. Car, comme vous savez, j’aime assezcauser. Je me fais tout à tous, et ne dédaignepersonne ; mais je le crois fâché. Il m’appelle ja-cobin, révolutionnaire, plagiaire, voleur, empoi-sonneur, faussaire, pestiféré ou pestiféré, enragé,imposteur, calomniateur, libelliste, homme hor-rible, ordurier, grimacier, chiffonnier. C’est tout,si fai mémoire. Je vois ce qu’il veut dire ; il entendque lui et moi sommes d’avis différent; peut-êtrese trompe-t-il.

Il aime les ministres, et moi aussi je les aime ;je leur suis trop obligé pour ne pas les aimer.Jamais je n’ai eu recours à eux , qu’ils ne m’aientrendu bonne et prompte justice. Ils m’ont tirétrois fois des mains de leurs agens. C’est bien, sivous voulez un peu ce que ce Romain appelaitbenefîcium latronis , non occidere. Mais enfin c’estbeneficium. Et, quand tout le monde est larron ,le meilleur est celui qui ne tue pas.

J’aime bien mieux les ministres que m jssieursles jurés nommés parle préfet, beaucoup mieuxque les électeurs choisis par le préfet, beaucoupmieux que mes juges qu’on appelle naturels, etdont je n’ai jamais pu obtenir une sentence quieût le moindre air d’équité. J’aime cent fois mieuxle gouvernement ministériel qu’un jeu, une pi-perie, une ombre de gouvernement rimant en el;

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