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Tome premier.
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178
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SIMPLE DISCOURS

I78

gent. L’offrande n’est jamais pour le saint, ni nosépargnes pour les rois, mais pour cet essaim dé-vorant qui sans cesse bourdonne autour d’eux ,depuis leur berceau jusqu’à Saint-Denis.

Car, après la leçon d u sage gouverneur, au tempsdont je vous parle, bon temps, comme vous sa-vez , les princes ayant appris une fois et comprisque tout était à eux, on leur enseignait à donner;un précepteur, abbé de cour, en lisant avec euxl’histoire, leur faisait admirer cet empereur Ti-tus, qui, dit-on, donnait à toutes mains, croyantperdu le jour qu’il n’avait rien donné, quonri alla jamais voir sans revenir heureux , avecune pension, quelque gratification ou des cou-pons de rente; prince adoré de tout ce qui avaitles grandes entrées ou qui montait dans les car-rosses. La cour l’idolâtrait; mais le peuple? lepeuple? il n’y en avait pas : l’histoire n’en ditmot. Il n’y avait alors que les honnêtes gens,c’est-à-dire, les gens présentés : c’était là lemonde, tout le monde, et le monde était heu-reux. Faites ainsi, mon maître, vous serez adorécomme ce bon empereur; la cour vous bénira ,les poètes vous loueront, et la postérité en croirales poètes. Voilà les élémens d’histoire qu’onenseignait alors aux princes. Peu de mention d’ail-leurs de ces rois tels que Louis XII et Henri IV,en leur temps maudits de la cour pour n’a-voir su donner comme d’autres faisaient si géné-

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