PROCÈS
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Le président. Votre décoration de la Légion -d’Honneur, l’avez-vous donc eue par les femmes ?
Courier. Ce n’est pas une faveur, et je n’ai pasfait fortune : il s’agit des fortunes. Je n’ai jamaiseu rien de commun avec la cour, et puis je nesuis pas noble.
Le président. Vous avez la noblesse person-nelle , vous êtes noble.
Courier. J’en doute, M. le président, permet-tez-moi de vous le dire; je doute fort que je soisnoble. Mais enfin, je veux bien m’en rapporterà vous.
( A chaque réponse de l’accusé il s’élevait dansl’assemblée un murmure qui peu à peu se chan-geait en applaudissemens. — L’avocat-généralcrut devoir mettre ordre à cela. M. le président,dit-il, ce bruit est contraire à la loi.)
Le président. Messieurs, point d’applaudisse-mens. Vous n’êtes pas au spectacle. Je ferai sor-tir d’ici tous les perturbateurs. — Prévenu, vousavez dit que la cour mangerait Chambord.
Courier. Oui. Qu’y a-t-il en cela qui offense lamorale?
Le président. Mais, qu’entendez-vous par lacour?
Courier. La définir serait difficile. Toutefois jedirai que la cour est composée des courtisans,des gens qui n’ont point d’autre état que de faire