DE PAUL-LOUIS COURIER. 22g
n’en saurait dire autant des autres ternies em-ployés par l’auteur, dans le même endroit, ils onttous du moins le ton de simplicité naïve, conve-nable au personnage qui parle, et le public nes’y est pas trompé, souverain juge en ces matières.Personne, ayant le sens commun, n’a vu là-de-dans rien d’offensant pour le jeune prince, au-quel il serait à souhaiter qu’on fît entendre celangage de bonne heure, et toute sa vie. Mais ilne faut pas l’espérer; car tous les courtisans sontdes Jean de Broë, qui croient ou font semblantde croire qu’on outrage un grand, quand d’a-borcl , pour lui parler, on ne se met pas la facedans la boue. Us ont leurs bonnes raisons, commedit la brochure, pour prétendre cela, et trouventleur compte à empêcher que jamais front d’hommen’apparaisse à ceux qu’ils obsèdent. Cependant,il faut l’avouer, quelques - uns peuvent être debonne foi qui, habitués comme tous le sont auxsottes exagérations de la plus épaisse flagornerie,finissent par croire insultant tout ce qui est sim-ple et uni ; insolent tout ce qui n’est pas vil.C’est par là, je crois, qu’on pourrait excusermaître de Broë; car il n’était pas né peut-êtreavec cette bassesse de sentimens. Mais une place,une cour à faire.
Le même jour qui met un homme iibre aux fersLui ravit la moitié de sa vertu première.