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Tome premier.
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PROCÈS

a/jo

Pourquoi lisons-nous dans la loi ces mots : ou-trage à la morale publique ? Pourquoi le législa-teur n’a-t-il pas dit simplement : les outrages à lamorale ? Que signifie cette épithète ( publique )qu’il a cru devoir ajouter ?

Messieurs, il faut le reconnaître : ces expres-sions sont un avertissement donné par le législa-teur aux fonctionnaires chargés de poursuivreles délits; un avertissement de ne point intenterd’accusations téméraires, de ne point faire duCode pénal le vengeur de leurs doctrines per-sonnelles, de ne point voir une infraction dans ;ce qui pourrait contrarier leurs opinions particu- jHères. La morale du législateur n’est point la mo-rale d’un homme, d’une secte, d’une école : c’estcette morale absolue, universelle, immuable,contemporaine de la société elle-même, toujoursconstante au milieu des vicissitudes sociales, éma- 'née de la Divinité, et supérieure à toutes les opi-nions humaines ; qui n’est point de réflexion, maisde sentiment; point de raisonnement, mais d’ins-piration ; qu’on ne trouve point autre à Paris ,autre à Philadelphie. C’est cette morale qui sanc-tionne la foi des engagemens, consacre la cou-che conjugale, unit par un lien sacré les pères etles enfans ; c’est elle qui flétrit le mensonge, lelarcin, le meurtre, l’impudicité : c’est celle-làseule qui prend le nom de morale publique , parceque, fondée sur l’assentiment de tous les hommes,