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Tome premier.
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J)E PAUL-LOUIS COURIER.

2ÔI

« que tout le inonde ne vive! ôtez la terre au« laboureur, et le travail à l’artisan, par de bons« privilèges, de bonnes corporations; hâtez-vous;« l’industrie, aux champs comme à la ville, en-« vahit tout, chasse partout l’antique et noble« barbarie ; on vous le dit, on vous le crie , que« tardez-vous encore? qui vous peut retenir?« peuple, patrie, honneur? lorsque vous voyez« là emplois, argent, cordons, et le baron de« Fri mont. »

Je dois vous le confesser ; dans ma simplicité,j’avais imaginé que, par une méprise étrange,mais qui n’est pas plus étrange que le reste del’accusation, le ministère public avait pris ausérieux les conseils ironiques de l’auteur, et qu’ilallait lui reprocher d’avoir engagé les pouvoirslégislateurs à faire des lois pour empêcher quetout le monde ne vive, etc., etc... C’est ainsiseulement que je concevais la possibilité d’uneaccusation d’outrage à la morale publique, et jeme promettais de vous désabuser facilement.

Je m’étais trompé, l’accusation a pris une autremarche; et ici, je ne la comprends plus.

S’il s’agissait d’uue accusation politique, je latrouverais seulement très mal fondée; mais enfin,je la concevrais, puisque le passage a trait à lapolitique : mais c’est une accusation de moralepublique qu’on vous présente; or, qu’ont decommun avec la morale publique, le mode d’é-