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Tome premier.
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CE PAUL-LOUIS COURIER. 265

épreuve, aussi simple qu’infaillible : vous en avezvu les résultats; l’accusation est jugée.

Si, après cette épreuve, vous condamnez l’écritqui vous est déféré, plus de loi qui puisse rassurerles citoyens, plus d’écrit qui ne puisse être con-damné, plus d’écrivain qui soit assuré de con-server sa fortune et sa liberté. L’accusation d’ow-trage à la morale publique va devenir pour laFrance ce que fut, pour Rome dégénérée, l’accu-sation de lèse-majesté.

C’est à vous de conserver à la loi son empire,à la liberté ses garanties; c’est à vous d’empêcherque ce glaive delà justice ne s’égare, et, par unabus déplorable, ne devienne l’instrument desamours-propres offensés. Il est, vous le savez,deux sortes de jugemens: les uns, fruits de l’er-reur, des préventions ou des ressentimens, sontl’effroi de la société; l’opinion publique les dé-nonce à l’histoire, et l’inexorable histoire les in-scrit sur ses tables vengeresses : les autres, dictéspar l’équité, rassurent le corps social, affermis-sent les états, et sont transmis par la reconnais-sance publique à l’estime de la postérité. Voilàquel jugement nous attendons de vous: j’osecroire que cette attente ne sera point trom-pée.

Ainsi parla M e Berville, avec beaucoup de fa-cilité, de netteté dans l’expression, et assez deforce parfois. A ce discours Paul-Louis voulait