PROCÈS
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ajouter quelques mots; mais ses amis l’en empê-chèrent, en lui remontrant qu’il n’avait de sa vieparlé en public, et que ce serait un vrai miraclequ’i! pût soutenir les regards de toute une as-semblée; qu’ignorant entièrement les conve-nances du barreau, où s’est établie une sorte decérémonial, d’étiqüette gênante, impossible à de-viner, il ferait des fautes dont ses ennemisne man-queraient pas de profiter, et demeurerait étonné àla moindre contradiction ; qu’il n’avait là pour luique le public , auquel on imposait silence, dontmême il risquait de diminuer à son égard la bien-veillance par une harangue mal dite, peu enten-due, interrompue; que les gens de lettres, quiavaient tenté cette épreuve avec moins de dés-avantage, s’en étaient rarement bien tirés;qu’il nedevait pas se flatter, pour avoir su écrire quel-ques brochures passables, de pouvoir aussi biense faire entendre de vive voix : ces deux arts n’é-tant pas seulement fort différens en plusieurspoints, mais contraires autant que l’est la conci-sion, qui fait le mérite des écrits, au langagediffus de la tribune; qu’enfin, piqué comme ill’était, et de l’absurdité de l’affaire en elle-même ,et du choix des jurés, et de la mauvaise foi duprocureur du roi, et de la partialité servile duprésident, il ne pouvait manquer de s’exprimervivement, avec peu de mesure, et de gâter sacause aux yeux de tout le monde. Il se rendit à