3x2 PÉTITION POUR LES VILLAGEOIS
« On voit, dit-il, certains animaux farouches,« des mâles et des femelles, répandus dans la« campagne, noirs, livides, nus, et tout brûlés« du soleil, attachés à la terre qu’ils fouillent et« remuent avec une opiniâtreté invincible. Ils ont« comme une voix articulée, et, quand ils se lè-« vent sur leurs pieds, ils montrent une face hu-« maine, et en effet ils sont des hommes; ils se« retirent la nuit dans des tanières , où ils vivent« de pain noir, d’eau et de racines. Ils épargnent« aux autres hommes la peine de semer, de la-ce bourer et de recueillir pour vivre, et méritentcc ainsi de ne pas manquer de ce pain qu’ils ont« semé. »
Voilà ses propres mots; il parle des heureux ,de ceux qui avaient du pain, du travail, et c’étaitle petit nombre alors.
Si La Bruyère pouvait revenir , comme on re-venait autrefois, et se trouver à nos assemblées,il y verrait non-seulement des faces humaines ,mais des visages de femmes et de filles plusbelles, surtout plus modestes que celles de sacour tant vantée, mises de meilleur goût sanscontredit, parées avec plus de grâce, de décence ;dansant mieux, parlant la même langue ( choseparticulière au pays ), mais d’une voix si joli-ment, si doucement articulée, qu’il en seraitcontent, je crois. Il les verrait le soir se retirer,non dans des tanières , mais dans leurs maisons