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Tome premier.
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314 PÉTITION POUR LES VILLAGEOIS

nition. Où dansera-t-on? nulle part; il ne fautpoint danser du tout. Cela n’est pas dit clai-rement dans l’arrêté deM. le préfet; mais c’est unarticle secret entre lui et d’autres puissances ,comme il a bien paru depuis. On nous signifiacette défense quelques jours avant notre fête,notre assemblée de la Saint-Jean.

Le désappointement fut grand pour tous lesjeunes gens, grand pour les marchands en bou-tique , et autres qui avaient compté sur quelquedébit. Qu’arriva-t-il? la fête eut lieu, triste, in-animée, languissante; l’assemblée se tint, peunombreuse et comme dispersée çà et là. Malgrél’arrêté, on dansa hors du village, au bord duCher, sur le gazon, sous la coudrette ; cela estbien plus pastoral que les échoppes du marché,de meilleur effet dans une églogue, et plus poé-tique en un mot. Mais chez nous, gens de tra-vail, c’est de quoi on se soucie peu; nous aimonsmieux, après la danse, une omelette au lard,dans le cabaret prochain , que le murmure deseaux et l’émail des prairies.

Nos dimanches d’Azai, depuis lors, sont aban-donnés. Peu de gens y viennent de dehors, etaucun n’y reste. On se rend à Véretz, où l’af-fluence est grande, parce que là nul arrêté n’aencore interdit la danse. Car le curé de Véretzest un homme sensé, instruit, octogénaire quasi,mais ami de la jeunesse, trop raisonnable pour