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Tome premier.
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33a REPONSE AUX LETTRES ANONYMES

pas ce temps; au bout de quelques mois malade,ses amis, comme il était peu riche, avaient sou-scrit entre eux, pour que sa femme et ses enfanspussent loger près de la prison ; mais l’autorités’y opposant, au nom de l’ordre social, il mourutsans secours, sans consolation , moins à plaindreque ceux qui le persécutaient, car il avait pourlui l’approbation publique, l’assurance d’avoirbien dit et bien fait. Mais ils vécurent eux, dévo-rés de soucis, de rage ambitieuse, ou se coupèrentle cou, las de mentir, de tromper, d’augmenter lebudget et de faire curée des entrailles du peupleà de lâches courtisans.

Ainsi périt Wackefield pour une seule parole.Kien n’est si dangereux que de parler à ceux quisont forts et veulent de l’argent. C’est la bourse àla main qu’il faut répondre. Eh bien ! connaissantces] exemples, que n’en profitiez-vous? De sem-blables leçons devaient vous rendre sage, mêmeavant celle que vous avez eue en votre personne ;voilà ce qu’on me dit : pourquoi écrire enfin ? etqui diantre vous pousse à vous faire imprimer ?Ne sauriez-vous vous taire, et, comme dit Boi-leau , imiter de Conrard le silence prudent? CeConrard, bel esprit, par principe de conduite,parlait peu et n’écrivait point; il réussit dans lemonde et fut de l’Académie. Car alors aussi, onfaisait académiciens ceux qui n’écrivaient point,sans toutefois mettre en prison ceux qui écri