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Tome premier.
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ADRESSÉES A PAUL-LOUIS COURIER. 333

vaient. Vous, Paul-Louis, vous deviez être nonseulement prudent, mais muet; afin, sinon deparvenir à l’Académie, de vivre en paix, du moins.Il fallait vous tenir coi, tailler votre vigne, nonvotre plume ; vous faire petit, ne bouger, de peurd’être le moins du monde aperçu, entendu. Onvous guettait, vous le voyez; on ne vous pardon-nera pas. Pourquoi cela, monsieur l’anonyme,s’il vous plaît ? on a bien pardonné à M. Pardes-sus. Mais écoutez encore avant que je réponde ,écoutez ce récit qui ne vous tiendra guère.

Un écrivain célèbre en Angleterre, auteur d’undes meilleurs ouvrages que l’on ait jamais fait,l’auteur de Robinson, Daniel de Foe, publia unécrit tendant à insinuer que les dépenses de lacour étaient considérables. Aussitôt les ministresle livrent à leurs juges. On le mit en prison; ilécrivit encore, on lê^mit au carcan. Ses amis leblâmaient; mais il reur répondit : il ne dépendpas de moi de parler ou de me taire ; et, lorsquel’esprit souffle, il faut lui obéir. C’était le langagedu temps. On tirait tout de l’Ecriture , comme àprésent de Jean-Jacques. On parlait la Bible, au-jourd’hui on parle Rousseau. Un abbé met enpièces Émile, pour prêcher aux indifférens enmatière de religion.

Quant à moi, ce n’est pas l’esprit, c’est la sot-tise qui me fait aller en prison. J’ai cru bonne-ment à la Charle; j’ai donné dans la Charte en