ADRESSÉES A PAUL-LOUIS COURIER. 345
psaumes, des oraisons; et tant y allèrent, qu’à lafin une d’elles se sent mal à l’aise, souffrante ;elle avait des maux de cœur.
Lisez l’histoire, et comparez, monsieur l’ano-nyme, le passé avec le présent. Pour moi je nefais autre chose; c’est la meilleure étude qu’il yait. Je trouve que, du temps de nos pères, Guil-laume Rose, étant curé d’une paroisse de Paris,catéchisait de jeunes filles, qui s’assemblaientpour recevoir les pieuses leçons chez une dame.Là venait entre autres assidûment la fille unique,âgée de treize à quatorze ans, du président deNeuilly, qui bientôt fut grosse des œuvres del’abbé Guillaume. Au temps des bonnes mœurs ,pareille chose arrivait sans qu’on y prît tropgarde, quand les filles n’avaient point de pèreprésident. Celui-ci porta plainte; on décréta Guil-laume; le clergé intervint. J iS. justice n’a jamaisbeau jeu contre le clergé, qui d’abord ne veutpas qu’on le juge o et en ce temps-là menait lepeuple. Messire Guillaume se moqua du parle-ment, du président, et de la fille , et de l’enfant,puis fut évêque de Senlis, dévoué au pape soncréateur, comme on dit à Rome.
De ce genre est un autre fait moins ancien,mais horrible et par là plus semblable à celui deMingrat. Il n’y a pas quarante ans que dans uncouvent près de Nogent-le-Rotrou, on élevait dejeunes demoiselles sous la direction d’un saint