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Tome premier.
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344 RÉPONSE AUX LETTRES ANONYMES

bras nu se montrât à l’église, et même ne pouvait,sans horreur, dans les vêtemens d’une femme,soupçonner la forme du corps. Ami du tempspassé d’ailleurs, il prêchait les vieilles mœurs àl’âge de vingt ans, la restauration, la restitution,tonnant contre la danse et les manches de che-mise. Les autorités le soutenaient, les hautesclasses l’encourageaient, le peuple l’écoutait,les gendarmes aussi et le garde-champêtre quijamais ne manquaient au sermon. Enfin , il vou-lait rétablir, d’accord avec ses supérieurs, la pu-reté de l’ancien régime. Pour y mieux réussir, ilforma chez sa tante, venue avec lui à Saint-Opre,une école de petites filles auxquelles elle mon-trait à lire, les instruisant et préparant pour lacommunion. Il assistait aux leçons, dirigeait l’en-seignement. Deux déjà parmi elles approchaientde quinze ans, et lui parurent mériter une atten-tion particulière. Il les fit venir chez lui ; distinc-tion enviée de toutes leurs compagnes, flatteusepour leurs parens. Ces jeunes filles donc vontchez le jeune curé. Partout cela se fait depuisquelques années, aux champs comme à la ville ;les magistrats l’approuvent, et les honnêtes gensen augurent le prompt rétablissement des mœurs.Elles y allaient souvent, ensemble ou séparées;c’était pour écouter des lectures chrétiennes, ré-péter le catéchisme, apprendre des versets, des